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Culture

La légende de Fort-Gary*

*La mémoire est un vivier dont le meilleur fruit s’appelle l’enfance

*La mémoire est un vivier dont le meilleur fruit s’appelle l’enfance

     À une vingtaine de kilomètres de la ville de Petit-Goâve, dans les confins montagneux du massif de la Hotte, se trouvait au pic Bellevue, percher une localité du nom de Lefort.  Dans les temps immémoriaux, c’était une contrée très boisée où les ruisseaux grossissaient les rivières proches.

Le gaïac, les campêches, le chêne, le taberneau croissaient. La montagne bleue rivalisait à la bleutée des mers. La brume rayonnait en plein midi d’automne comme une couronne d’argent au faîte des arbres. 

          Le sentier qui y conduisait,  était rocailleux et pentu. Quelqu’un renoncerait d’y aller, s’il n’était armé d’une volonté ferme, résolue, inébranlable. Les pierres, retrouvées le long de la route, ajoutèrent à la difficulté du chemin. Que l’on croyait aménager pour des animaux, si l’ on n’apercevait point des traces de pas d’hommes.

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