Montréal : deuxième journée du Festival du Souvenir de l’organisme ICI
Introduite par le chanteur-guitariste Jean-Jean Roosevelt, la deuxième journée du Festival du Souvenir a été marquée par une conférence-débat sur le thème : « 1791-Haïti, ébranlement de l’esclavage transatlantique » dans la salle de lecture de Café Da. Après avoir interprété une chanson en hommage aux héros de l’indépendance aux rythmes Nago et Yanvalou, Jean-Jean Roosevelt laisse la place à la conférence-débat.
Les trois intervenants ont consécutivement abordé dans une perspective spécifique la révolution haïtienne. Toutefois ils s’entendent tous à articuler les événements du passé aux péripéties du présent pour souligner à la fois la singularité, la signification et l’influence de la révolution haïtienne sur l’histoire mondiale. C’est le cas du doctorant Kesler Bien-Aimé qui a mis l’accent sur l’universalité du projet de la révolution haïtienne. Pour lui, le désir d’émancipation que charrient les révolutionnaires de St-Domingue demeure une source d’inspiration pour les différents mouvements de luttes du XXe et du XXIe siècle. Il a considéré à titre d’illustration la mobilisation des rastafari au cours d’années 1930, les luttes pour les droits civiques aux États-Unis au cours des années 1950-1960. Plus près de nous, le mouvement Black Lives Matter en 2020 s’inscrit dans la même perspective. Bien-Aimé invite à considérer la révolution haïtienne à partir d’un prisme universel.
Tout en accordant à la révolution de 1804 toute son importance, comme phénomène unique dans l’histoire de l’humanité, il importe aujourd’hui, face à la situation actuelle, de se poser la question : pourquoi cette révolution n’a-t-elle pas produit un véritable État haïtien inclusif, dans lequel le peuple haïtien se reconnait ? Pourquoi après avoir montré au monde le chemin de la liberté, l’État haïtien piétine encore à construire une société dans laquelle les Haïtiens peuvent s’épanouir? Cette question a été abordée par le politologue Frantz Voltaire et l’historien Alain Saint Victor. Pour Frantz Voltaire, directeur du CIDIHCA, la réponse à cette question complexe n’est pas évidente dans la mesure où il faut analyser le rôle joué par les principaux acteurs de cette révolution. Dans toutes révolutions, il y a des contradictions entre les principaux leaders. Les luttes de classes et de fractions de classes certes ont été déterminantes, mais aussi les alliances et mésalliances ont joué un rôle déterminant dans la composition même des groupes dominants.
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