La chanson : « Dèy » de Toto Bisainthe: une triste complainte qui invite Haïti à faire le deuil de ses malheurs
S'il y a des chansons à l'eau de rose qui nous font danser ou rêver au gré des moments agréables ou malheureux, d'autres, teintées de colère et de révolte, nous secouent, nous bouleversent et éveillent notre conscience. «Dèy» de Toto Bissainthe, l'une des plus émouvantes voix de la musique haïtienne, fait partie de la deuxième catégorie, c'est-à-dire de ces chansons-là qui, tout en étant belles et sublimes par la poésie qui s'y mêle, nous pénètrent dans l'âme et nous emmènent balader, malgré nous, au cœur de la folie et de la bêtise humaine pour y découvrir la souffrance séculaire et incommensurable de tout un peuple dont le destin macabre semble être scellé par la mort.
L'artiste y a décrit une Haïti tailladée, écorchée vif, meurtrie et dépouillée... Une Haïti qui se désagrège et se meurt à petit feu tout comme ses filles et fils, sous le poids de l'indifférence et surtout de la misère la plus abjecte. Face à une situation aussi alarmante que dramatique, la diva monte au créneau et sa voix résonne tel un chant funèbre qui nous lancine l'âme et nous interpelle sur notre capacité de résilience. Et la souffrance et le désespoir sont tels qu'elle s'interroge sur celui\celle qui viendra nous aider à porter ce deuil si pesant que nous traînons longtemps derrière nous, à travers toute notre histoire de peuple.
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