Monsieur le Président
(3e partie et fin)
« Camila aurait voulu passer inaperçue. Mais impossible. Sa beauté exotique, ses yeux verts, clairs, sans âme, son corps fin, dessiné par sa robe de soie blanche, ses seins menus, ses mouvements gracieux, et surtout son origine – la fille du général Canales ! – la faisaient remarquer ».
Les belles phrases se répètent comme une litanie que, sous une forme ou une autre, l’auteur par l’entremise du général en cavale reviendra sur la phrase clé du roman, à savoir « Il faut se rebeller et s’exprimer » qui, à mon avis, est concomitante de « Monsieur le Président constitutionnel de la République, qui avait la mort comme meilleur allié, n’admet pas qu’on lui porte ombrage ». Parce que le langage, comme dirait Sapir, donne le pouvoir, cache ou révèle la réalité ou fait distinguer la réalité des rêves, un autre paradoxe qui résulte fondamental dans le destin des personnages : il ne faut pas rêver, s’il faut le dire ainsi, à l’exemple peut-être du général Eusebio Canales et, dans une certaine mesure, de Miguel Visage d’Ange, comme s’il fallait se laisser porter par la réalité qui est dessinée par les deux dames d’âge mûr, invitées à la fête présidentielle, qui sont celles qui prononcent la phrase de ceux qui tombent dans l’apathie.
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