Marianela
Dans un monde de schismes, d'aberration et d'incertitudes émotionnelles dans lequel rien ou presque ne demeure, qui fait que la parole donnée est actuellement un concept fragile, le roman de Benito Pérez Galdós (1843-1920) Marianela (Fernandez Editores s.a - México Coyoacan) est un étonnement à s'en remettre totalement à la durabilité des sentiments éprouvés par deux jeunes gens, lesquels, vivant un amour platonique, passaient par des situations personnelles et sociales compliquées dans une Madrid déchirée par de multiples conflits politiques, économiques et sociaux. Par-delà ces crises, Marianela (manquant complètement de beauté, mais pleine de tendresse et de bonté) et Pablo (non-voyant-né, fils de Francisco Penàguilas, bourgeois aristocrate) noueront un sentiment qui sera au-dessus de ces tensions et préjugés tenaces parce que le jeune Pablo (montrant beaucoup d'enthousiasme) est convaincu «que lui et Nela, sa cicérone, se doivent de vivre ensemble toute la vie, qu'il a la claire, patente et inébranlable conviction que la petite servante de la maison et lui ne se sépareront jamais par sa propre volonté». Galdós présente au départ cette relation platonique dans laquelle tous les conflits qui pourront ébranler le mariage projeté du jeune Pablo et sa servante auront une solution. Le roman surgit pour donner une réponse à l'hypothèse: si les gens savent que la rupture est tout ce qui peut arriver dans des fiançailles, pourquoi l'auteur insiste-t-il tant sur l'idée de rendre la vue au jeune patron et la beauté?
« Es maravilloso, chiquilla mía, cómo están acordadas nuestras almas. Unidas por la voluntad, no les falta más que un lazo. Ese lazo lo tendrán si yo adquiero el precioso sentido que me falta. La idea de ver no se determina en mi pensamiento si antes no acaricio en él la idea de quererte más. La adquisición de este sentido no significa para mi otra cosa que el don de admirar de un modo nuevo lo que ya me causa tanta admiración como amor». (...) «!Oh, Dios mío! Si no he de adquirir la facultad de que me privaste al nacer, para qué me has dado esperanza?. Yo tendré ojos, Nela, tendré ojos para poder recrearme en tu celestial hermosura, y entonces me casaré contigo. (...) Y si Dios no quiere otorgarme ese don, tampoco te separaras de mí, también serás mi mujer, a no ser que te repugne enlazarte con un ciego. (...) No me dices nada? Sí; que te quiero mucho, muchísimo - a dit la Nela, approchant son visage de celui de son ami -. «Pero no te afanes por verme. Quizá no sea yo tan guapa como tú crees». En combattant les préjugés d'être la femme d'un non-voyant, la jeune adolescente, décrite dans le roman comme un monstre, dut savoir qu'un aveugle-né n'épouvante pas, et que, par-dessus tout, la cécité du fils du propriétaire du grand établissement des mines de Socartes, n'était pas arrivée comme dans l'histoire de ce nouveau-né «albinos» (un conte littéraire de José Ovejero) qui, pour paraître bronzé et plus beau dans les photos de baptême, fut soumis par ses parents aux rayons UVA.
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