Le « révolu » de la Révolution haïtienne : travail pour soi, corps-propre et é-mancipation
(Première partie)
La Révolution haïtienne est un procès d’institution du corps-propre de l’esclave par le travail pour soi. Ce procès passe par un mode d’appropriation du corps par la propriété qui, étant devenue ce que l’on possède en propre, a partie liée avec le corps libéré de l’emprise du maître-colon, et donc du mors qui servait à l’embrigader, le bestialiser, mais surtout à le massifier, et ainsi le décorporéiser, autrement dit le désincarner. En effet, ce que l’on possède en propre, avant de posséder tous les biens, c’est son corps. Évidemment, il s’agit du corps vivant, du corps qui est déjà moulé dans l’éthicité de la vie et notamment celle du bien-vivre. D’abord, poser la conservation de la vie et de la vie bonne comme condition du corps é-mancipé, capable dès lors d’être joyeux. La Révolution haïtienne est une promesse de joie – un hymne à la joie au sens plein du terme –, mais les interprétations habituelles l’enferment dans des symbolisations trop simplistes. La lecture que je propose dans cette réflexion méritera sans doute d’être corrigée du fait de son caractère incomplet et de ses enjeux dépolitisants.
On a souvent considéré la geste de 1804 comme une révolution « anticapitaliste » « antiesclavagiste » et « antiraciste ». Si l’on tient compte à la fois du contexte sociohistorique de la colonie de Saint-Domingue et des relations internationales définies en cette période par le racisme, l’esclavagisme et le déploiement du régime économique d’exploitation de l’homme et de la terre par l’homme dans un projet d’accumulation d’une part et d’appauvrissement d’autre part, cette thèse populaire pourrait être retenue. Par contre, si l’on prend la révolution dans ce qu’elle présuppose, l’institution d’un régime de liberté politique, ses aspects anti-esclavagistes, antiracistes et anticapitalistes sont secondaires et ne lui restituent ce qui, en elle, est révolu.
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3 commentaires
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Pr Nixon JEANTY
C'est un papier de très bonne facture qui merite d être confronté avec les points de vues des historiens professionnels qui, souvent ont une lecture plus sentimentale par rapportaux faits historiques de la révolution. Tenez bon collègue Dorismond.
Jean Gardy ESTIMÉ
Professeur Dorismond Je vous remercie infiniment pour cette contribution très utile. Je suis continuellement impréssionné par vos réalisations et accomplissements. Continuez à faire du bon travail. Vous êtes une source d'inspiration pour nous les plus jeunes. Vos efforts ne passent pas inaperçus.
ESTIMÉ
Professeur Dorismond Je vous remercie infiniment pour cette contribution très utile. Je suis continuellement impréssionné par vos réalisations et accomplissements. Continuez à faire du bon travail. Vous êtes une source d'inspiration pour nous les plus jeunes. Vos efforts ne passent pas inaperçus.