L’urgence d’une réponse nationale face à la rupture d’accès aux antiretroviraux Dans un contexte de crise multidimensionnelle où le pays vacille entre insécurité, effondrement des services sociaux et précarité généralisée, une autre urgence, silencieuse mais tout aussi dévastatrice, menace aujourd’hui la santé publique et la dignité humaine : la rupture de traitement des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Ce lundi, des dizaines de PVVIH, soutenues par des associations communautaires, ont manifesté pacifiquement devant le Villa d’Accueil, siège du pouvoir du gouvernement, pour alerter les autorités sur une situation intolérable : le non-accès aux antirétroviraux (ARV), traitement indispensable pour leur survie. Cette crise trouve son origine dans la rupture des subventions de l’aide américaine, en particulier les programmes USAID et PEPFAR, longtemps considérés comme des piliers essentiels dans la lutte contre le VIH/sida en Haïti. Le retrait ou la suspension de ces soutiens plonge aujourd’hui des milliers de patients dans une détresse absolue, les exposant non seulement à la rechute et à la mort, mais aussi à une marginalisation accrue. Une menace sanitaire imminente pour toute la société L’interruption du traitement ARV ne concerne pas uniquement les PVVIH. Elle constitue un danger pour la société tout entière. En effet, sans traitement, la charge virale des patients augmente, favorisant la transmission du virus. Cela signifie qu’en plus de voir des personnes condamnées à mort faute de médicaments, nous risquons une résurgence incontrôlée de l’épidémie dans un pays déjà affaibli par d’autres urgences. Aujourd’hui, les acquis de plus de deux décennies de lutte contre le VIH/sida sont en péril. Des milliers de vies, des enfants, des jeunes, des mères, des pères, sont suspendus à une décision politique. Il ne s’agit pas d’un simple dossier de santé. Il s’agit d’un dossier de vie ou de mort, d’un dossier de dignité, de justice et de responsabilité collective. Nous lançons un appel solennel, urgent et citoyen aux 9 membres du Conseil Présidentiel de Transition, au chef du gouvernement, au Ministère de la Santé Publique, à tous les leaders nationaux afin qu’ils ne détournent pas le regard encore une fois. Cette situation mérite votre attention autant, voire plus, que les autres priorités du moment. Car sans santé, sans vie, aucun développement n’est possible. Vous avez le devoir de faire de ce dossier une priorité nationale, et de proposer immédiatement un plan de réponse et de substitution aux subventions perdues. Ce plan doit inclure : • Une négociation rapide avec les bailleurs traditionnels pour rétablir ou réorienter les aides ; • Une mobilisation du budget national pour garantir au minimum l’approvisionnement d’urgence en ARV ; • Un partenariat renforcé avec les ONG locales pour assurer la distribution et le suivi ; • Une communication publique transparente, pour rassurer les patients et éviter la stigmatisation. Nous refusons l'oubli Les personnes vivant avec le VIH ne doivent pas devenir les oubliés de la République. Leur combat est un miroir de notre société, de notre humanité et de notre capacité à protéger les plus vulnérables. À ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, nous disons : l’Histoire vous regarde. Ce dossier vous engage moralement, politiquement, humainement. N'attendons pas les premiers décès pour réagir. Agissons maintenant. Avec courage. Avec dignité. Avec justice. Régine Nicolas
C’est avec une profonde émotion que j’écris ces mots aujourd’hui pour honorer la mémoire de Jean Robert Estimé, un homme d’exception, un mentor, un leader, et un patriote infatigable, qui a quitté ce...