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 Transferts de fonds en Haïti : simple perfusion économique ou réel appât pour le développement

 Transferts de fonds en Haïti : simple perfusion économique ou réel appât pour le développement

Par Hancy PIERRE, professeur à l’Université d’Etat d’Haïti et at The University of Findlay, Ohio, USA.

« L’économiste Pierre-Marie Boisson propose un ajustement du taux de change à 160 gourdes », tel est le titre d’un article de Gérard Junior Jeanty dans Le Nouvelliste du 10 aout 2026 qui sème le doute chez plus d’un. L’argument de base, proche d’une vision idéologique, soutient qu’un tel ajustement serait favorable à la fois aux bénéficiaires des transferts, aux agriculteurs, aux exportateurs et à  l’Etat. Mais cet argument oublie peut-être les banques et les maisons de transferts et tous les intermédiaires qui profitent d’une part du gâteau des transferts. Ainsi on se demande si le développement peut continuer à miser sur les transferts des fonds de la diaspora. Est- ce un ballon d’essai pour une éventuelle hausse du taux de change ou s’agit-il d’une invitation à un débat public et honnête? Cet article nous interpelle à engager une confrontation honnête face à ce discours dépassé, au regard d’un changement de paradigmes en matière de Population et développement. En effet, dans les années 2000, le développement a été lié aux paradigmes de protection sociale comme un facteur clé et incontournable . C’est en ce moment-là que les transferts monétaires des migrantes et migrants ont été valorisés, bien qu’accompagnés de l’émigration, de telle sorte qu’on en vient à parler d’aide à la migration (Dewind et Kinley III, 1988). Cette émigration faisait l’affaire de l’économie capitaliste d’alors, en promouvant les « Global inmigrants ». Cette approche fait désormais l’objet de discussions critiques concernant son efficacité contre la pauvreté et les inégalités (Oualid, 2017).

C’est aussi dans ce contexte que s’affrontent,  de part et d’autre des « thèses » erronées de l’importance réelle  des transferts de l’étranger. D’une part, il faut intégrer  la perspective de l’actuelle administration américaine qui envisage une taxe supplémentaire de 3,6% sur ces transferts des immigrant-e-s. Elle considère ces envois de fonds comme une fuite monétaire nuisible à l’économie américaine et à  la sécurité nationale. Cela viendrait alourdir des prélèvements déélevés, souvent 6% de frais d’envoi auxquels s’ajoutent 1.50 de taxe perçue par l’Etat qui aurait alourdi davantage des prélèvements sur les transferts, soient 6% appliqués pour leur envoi ajoutés aux taxes de 1,50$ de la part de l’Etat haïtien.

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