Haïti-2021-2026 : l’autopsie d’une histoire longue
Mise en contexte
J'ai reçu une invitation officielle le 6 juillet 2026 de la part du Comité Directeur National (CDN) du Parti politique EDE, selon laquelle je devais participer à la messe de Requiem organisée en mémoire de l'ancien président de la République, Jovenel Moïse, cinq ans après son assassinat. Je n'ai pourtant pas pu m'y rendre. Non par indifférence, encore moins par oubli; mais parce que tout simplement une interrogation, obstinée, m'a retenue loin des bancs de l'église, comme si elle exigeait d'abord une réponse avant toute consécration à la prière : pourquoi assassiner si affreusement un président de la République ?
Depuis la nuit du 7 juillet 2021, cette criante question hante ma conscience blessé de citoyen-acteur, de juriste responsable et d'observateur de la vie publique. Elle dépasse la seule destination malheureuse du feu Président Jovenel Moïse et renvoie à la cruelle fragilité de nos institutions, à l’on ne peut plus de la banalisation de la violence politique, du corps des personnes malgré leur valeur et à l'effroyable effondrement progressif du pacte républicain. Car cher.e.s ami.e.s lorsqu'un chef d'État est exécuté si facilement dans sa propre résidence privée, c'est toute une population porteuse d’une longue histoire qui est atteinte dans son âme, dans sa souveraineté et dans sa confiance en l'avenir.
Je cherche encore cette réponse mes ami.e.s. Je la poursuis dans les archives immobilisées, dans les témoignages maquillés, à visages fêlés, politisés, dans les rapports d'enquête planifiées, bien orientées dans les schèmes bullshéitisées des élites politicardes et économicides de la République de Pétion-Ville, les décisions de justice américanisées de la politique du terrorisme d’en haut et dans les silences kidnappeurs entourant la flamme de ce drame. C’est pour dire que plus j'avance, plus de folles certitudes s'effacent comne des traces vaniteuses, laissant place à une réalité à la fois complexe et étouffante où s'entremêlent intérêts politiques, ambitions économiques, réseaux criminels en format pongongon, influences internationales bòdègèt et le règne d’un ordre mafieux metissé en vue de bannaliser l’impact de la première des révolutions les plus totales et globales contre l’esclavage dans le monde.
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