La flamme bleue de l’insolence, une brèche pour l’intelligence !
Jadis, à Saint-Domingue et ailleurs, au temps de la déshumanisation assumée, le marronnage avait un sens : c’était un acte d’intelligence, de liberté et d’humanité. Plus tard, en Haïti, après l’indépendance, quand il fallait se regrouper et armer l’intelligence de courage pour assurer la cohésion sociale, le marronnage a perduré et est devenu un acte de déshérence, d’insignifiance et d’indigence. En effet, rythmé par des catastrophes naturelles récurrentes, modulé par des défaillances humaines invariantes, précarisé par de puissantes forces médiocres, qui s’équilibrent et se neutralisent incessamment, verrouillé sur la même strate séculaire du succès précaire, enfumé par le rayonnement indigent de ses élites, Haïti n’est qu’errance. Je viens démontrer dans cette tribune que le marronnage est bien la faille structurant cette errance.
Contexte :
Suite à ma dernière publication sur le marronnage, j’ai eu des échanges de vive voix avec quelques lecteurs qui me reprochent de condamner la mémoire d’une lutte qui nous a valu l’indépendance. Et ce reproche, au demeurant totalement infondé, me permet de revenir sur le sujet pour montrer combien, profondément enraciné dans notre MOI souterrain, le marronnage rend la cogitation improbable, car il nous empêche d’avoir la disponibilité, en termes de temps et d’attention pour une communication authentique et des échanges qui débouchent sur l’apprentissage. Or celui-ci est le chainon manquant qui permet de relier toute acquisition du savoir à un changement de comportement.
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