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L’appellation « diaspora » : une pierre d’achoppement

L’appellation « diaspora » : une pierre d’achoppement

La société haïtienne a toujours été divisée. Au départ, colons et esclaves ; créoles et bossales ; anciens et nouveaux libres. Cela étant, l’indépendance a établi une suprématie des militaires sur les civils, sans atténuer les préjugés de couleur entre individus à teinte claire et ceux à la peau foncée. Livrés à eux-mêmes, les paysans se sont cantonnés dans les mornes, ostracisés par les bourgeois des villes. Actuellement, les divisions sociales se sont aggravées.

Gérontes et jeunes se disputent les rares opportunités d’emplois existants, dans l’espoir d’un avancement économique. Les femmes se battent, sans sourciller, pour gravir les échelons sociaux habituellement réservés aux hommes tandis que partout les multitudes d’enfants de rues occupent les pavés.

Une élite, issue d’ailleurs, tarde à développer une conscience nationale malgré son passeport haïtien. Les élites des classes moyennes, ces nationaux si profondément attachés à leurs privilèges d’Haïtiens d’origine, n’ont jusqu’à date pu en justifier les mérites. Entre temps, les Haïtiens vivant à l’étranger font les frais de cette incapacité chronique à réaliser la cohésion sociale.

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