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Haïti : quand les États-Unis et le Canada jouent aux pompiers pyromanes dans la crise haïtienne

Haïti : quand les États-Unis et le Canada jouent aux pompiers pyromanes dans la crise haïtienne

Il n’existe pas encore de bilan exhaustif sur les conséquences néfastes des missions militaires américaines et onusiennes en Haïti depuis les trente dernières années. Les rapports les plus conservateurs font état de plusieurs centaines de milliers de victimes. L’introduction du virus du choléra par les troupes onusiennes fait à lui seul plus de 10 000 morts et 800 000 contaminés. Les opérations militaires dans les quartiers populaires ont causé presque autant de victimes, mais les rapports en parlent très peu. À l’époque, les forces d’occupation pouvaient massacrer les pauvres des bidonvilles sans trop attirer l’attention des organismes des droits humains[1].

Soulignons que les États-Unis ont toujours joué un rôle de premier plan dans la déstabilisation justifiant les interventions militaires en Haïti. Pendant la décennie 1990, tout a été mis en œuvre pour transformer en cauchemar la volonté des masses populaires de choisir leurs propres dirigeants. De concert avec les classes dominantes haïtiennes, les services secrets américains se sont servis du commandement de l’armée pour renverser le gouvernement démocratiquement élu d’Aristide. En 1994, Bill Clinton a ramené Aristide avec 20 000 marines. Après avoir déstabilisé le pays en instrumentalisant les militaires, les États-Unis interviennent pour apporter « la démocratie », sous la menace des mitrailleuses. Ce retour de la démocratie a été en fait une nouvelle imposition des mesures d’ajustements structurels implémentés successivement par les gouvernements d’Aristide et de Préval.

En 2004, avec l’appui du Canada, les États-Unis ont de nouveau renversé un gouvernement élu. L’armée d’Haïti étant dissoute, les armées étrangères intervenaient directement pour séquestrer le président. Cela a ouvert la voie à une nouvelle occupation militaire du pays entrainant des conséquences néfastes pour les masses populaires. Les viols et les assassinats massifs n’ont été que la fine pointe de l’iceberg.  Pourtant, avec leurs milliers de tanks, les missions militaires étrangères prétendaient une fois de plus apporter « la démocratie » aux « nègres » d’Haïti.  Dans les faits, l’analyse de ces expériences d’ingérence permet de voir que les États-Unis s’en moquent de la démocratie même formelle dans la mesure où ils mobilisent toujours l’ensemble de ses agences pour déstabiliser le pays.

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SERGIO J. ROMERO CUEVAS, EX EMBAJADOR DE MEXICO EN HAITÍ, EXREPRESENTANTE ESPECIAL DEL SG. DE LA OEA PARA HAITI.

ES LA PRIMERA VEZ QUE VEO UN ARTÍCULO QUE DICE UNA VERDAD SIN ESCONDER NADA. FELICITO AMPLIAMENTE AL AUTOR.

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