Nos espoirs évanescents
Nous ne rêvons plus. Le cauchemar se fait quotidien. Nos peurs et nos incertitudes gémissent de toutes parts. Sur les réseaux sociaux. À travers les rues. Entre proches. En famille. On n’espère rien. On s’attend à tout : assassinats, balles perdues, occupation étrangère, crise humanitaire inédite, maladies rares, mort subite… Dans une transition sans échéance et sans lendemain, les espérances paraissent gonflées.
Dans le contexte haïtien, aucun génie ne saurait définir la normalité. Le dernier évènement « normal » est un souvenir du bon vieux temps. Certes, il y a de nouvelles normalités : faire une croix sur le carburant ou se résigner à le voir au bord de la route sans pouvoir s’en procurer, sortir avec la peur au ventre, appeler quelqu’un plus d’une fois pour s’assurer qu’il est encore libre de ses mouvements ou qu’il continue de respirer, vivre chaque instant avec philosophie et gratitude… En sus du statu quo, nos murs nous entravent avec gentillesse ; sans le dire.
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