Il existe un mal qui affecte grandement notre existence de peuple : il s’agit d’une méfiance historique envers nos institutions et envers nous-mêmes. Beaucoup d’entre nous ont perdu la foi dans l’avenir de ce pays ! Cette situation engendre une grave crise de confiance dans notre capacité à sortir de la situation de crise permanente.
Du temps, de l’argent, du talent ; toutes les références de l’efficience s’effritent, se dilapident et se néantisent au sein de notre république infortunée d’accueillir à ses axes stratégiques des cons et des démons. Le temps c’est du travail, le temps c’est du bonheur, le temps c’est de l’argent. En voilà un idéal chimérique au sein de notre Haïti chrysocalisée, prise en otage depuis une décennie par un régime politique cruel. Enfin, que cela cesse ! Haïti a besoin d’utiliser son temps et son talent à bon escient en vue de déguster les délices de la vie.
D’un point de vue chronologique, un jour équivaut à 24 heures ; une année se décline en 12 mois, en 52 semaines ou de manière équivalente en 365 jours. Cependant, sous un angle socioéconomique propice, une année se situe totalement en deçà de la barre de 365 jours. Ce constat est d’autant plus saisissant au sein des sociétés pilotées par une gouvernance mazette. Un jour haïtien est nettement inférieur à 24 heures.
La perturbation des jours de classes en Haïti, l’absence des activités nocturnes, la précarité des espaces d’apprentissage et de loisir, l’impossibilité des transactions et la crispation de la vie au crépuscule du jour - après 17 heures ou 18 heures d’horloge - témoignent du massacre du temps évaporé dans les nuages, sous un ciel obscurci qui néantise ses propres étoiles.
Les résultats sont visibles ; que l’on ne s’étonne pas qu’un Haïtien moyen âgé par exemple de trente (30) ans continue d’être une charge difficile pour ses parents en raison du manque d’opportunités. En Haïti, la pyramide socioéconomique ne suit pas la logique chronologique. De ce chômage asphyxiant qui infantilise des adultes, des fiançailles se perdent dans une longue déperdition sans le moindre espoir de se convertir en mariage. Sauf si la diaspora s’en charge complètement.
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