Haïti s’achemine-t-il vers un retour à l’état de nature ?
On ne sait comment définir par les temps actuels l’essence ou le profil d’Haïti qui ne cesse de s’enfoncer dans une crise multidimensionnelle depuis dix années au moins. Crise politique caractérisée par une instabilité chronique qui fait que les dirigeants sont menacés au quotidien par des activités à tendance déstabilisatrice. Crise sociale qui s’aggrave également au quotidien et qui se traduit par une baisse constante du niveau de vie de la population en raison de l’inflation galopante et de l’amplification de la dépréciation de monnaie nationale. Crise économique qui se manifeste par plusieurs années consécutives de récession, la disparition de nombreuses entreprises et la dépendance marquée de la vie et de la survie de la population envers l’aide de la diaspora.
Plus d’un utilise la notion d’Etat failli pour caractériser la situation d’Haïti. Mais, cette notion semble trop vague pour expliquer l’état actuel du pays. Il semble plus intéressant de pousser plus loin la réflexion pour montrer la descente aux enfers d’un territoire qui, par sa complexité, n’a sans doute pas d’équivalent ailleurs dans le monde. Une déliquescence reconnue par tous et qui s’avère tellement grave dans le contexte de pessimisme généralisé actuel qu’il faudrait se poser la question de savoir si la dégringolade d’Haïti n’a pas tendance à reléguer le pays à un niveau proche de l’état de nature, tel que l’avaient décrit les philosophes des 17e et 18e siècles.
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1 commentaire
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Audyl CORGELAS
Je vous remercie pour cet article bien écrit et de décrit la réalité de notre société. Toutes mes félicitations.