Haïti : Quand il s’agit de réprimer le peuple, la police dispose de tous les moyens
Le REHMONCO, une fois de plus, dénonce et condamne fermement la sanglante répression de la Police nationale d’Haïti (PNH) contre les manifestants et les manifestantes dans différentes villes du pays, notamment à Port-au-Prince, le lundi 22 aout 2022, à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement général des esclaves de Saint-Domingue en 1791. Au lieu d’assurer la sécurité des manifestants et des manifestantes, les agents de la PNH ont ouvert le feu à bout portant sur la foule faisant au moins trois morts et plusieurs blessés.
Soulignons que cette répression barbare de la police survient après une succession de massacres dans les quartiers populaires de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et une avalanche d’actes d’enlèvements contre rançon depuis plusieurs années. Ces massacres sont au nombre de 16 dont le dernier en date a fait plus de 300 morts à Cité Soleil et autant de blessés, sans compter la kyrielle d’enfants orphelins livrés à eux et elles-mêmes[1]. Des actes de viol collectif y ont été commis contre plusieurs dizaines de femmes, dont des mineures[2]. En outre, plusieurs milliers de personnes ont fui leur maison pour échapper à la monstruosité des gangs. Selon plusieurs rapports d’organismes de droits humains, dont le Réseau national de Défense des Droits Humains (RNDDH), ces massacres sont réalisés avec la complicité et l’appui logistique de l’État haïtien[3]. Dans le cas de Cité Soleil, les équipements du Centre National des Équipements (CNE) et certaines unités de la police nationale ont été utilisés pour détruire les maisons des habitants[4].
Il faut également souligner que ces massacres sont l’œuvre des gangs lourdement armés dont plusieurs sont dirigés par des (anciens) policiers. La fédération des gangs (G9 et familles et alliés) est dirigée par l’ancien policier Jimmy Chérizier connu sous le nom de « Barbecue ». Elle a été créée sous l’égide du gouvernement de Jovenel Moise en 2020[5]. C’est l’un des plus puissants regroupements de gangs dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Il y a également l’ancien policier Alex Amstrong Durmorné qui dirige un gang dans la localité de Bristou, dans la périphérie de Pétion-Ville[6]. Ce sont des exemples parmi d’autres illustrant le fait que plusieurs policiers se sont transformés en gangs ou se sont mis à leur service.
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