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Haïti : Science au silence, ignorance dans la tonitruance !

Haïti : Science au silence, ignorance dans la tonitruance !

« Le génie n’a qu’un siècle ; au cours de règne de médiocratie sinistre qui chasse les vertus de la méritocratie, il faut qu’il dégénère ». La justice dans le coma, l’éducation à « cinq pieds » sous terre, la santé en passe d’exhaler son dernier souffle, le loisir proche de sa date d’expiration ; les institutions sacrées sont quasiment réduites au néant. Parallèlement, l’insécurité et son cortège de malheurs montent en flèche, à vitesse de propulsion d’une fusée pour désemparer les étoiles de leurs belles promesses d’illuminer les lieux de la cité. C’est dans ce contexte de débâcle sociétale qui a atteint son apogée en raison de la nonchalance des officiels démentiels que la Faculté des Sciences (FDS) a déclaré une période sabbatique sine die. Triste nouvelle pour la famille académique, mais juste décision au regard des valeurs suprêmes. Car rien ne vaut la vie. Aucune initiative pour salutaire qu’elle soit ne vaudrait jamais la peine si elle hypothèque la santé ou la vie. La transmission de la connaissance ne s’y érige point en exception à ce principe divin. La vigilance imprégnant la FDS l’a tout bonnement incitée à souscrire à la portée pragmatique de la maxime de Hobbes qui stipule : « Primum Vivere, Deinde Philosophari ».

Depuis 2011, Haïti est entortillée par une gouvernance macabre qui fissure les pylônes centraux de sa stabilité et de son développement. Tous les indicateurs économiques et sociaux s’exhibent dans un rouge vif pour reléguer la première république noire en position du seul mouton noir de l’Hémisphère, entêté à dégringoler en empruntant la trajectoire de l’ingouvernabilité. Cette descente catastrophique de la république historique au fond des hypogées n’est certainement pas une surprise.

La méfiance expulse la confiance, la cupidité ridiculise l’intégrité, la rature fait fuir la droiture, les dépressions évincent les aspirations. Notre société moissonne les fruits toxiques d’une semence de galvaudage des institutions qui se transforme « logiquement » en un paysage sauvage. Les psychologues américains George Kelling et James Wilson ont théorisé sur cette observation empirique à travers leur fameux « Broken Window Effect ». D’une seule fenêtre brisée en 2011 qui a ouvert les veines vitales du pays à toutes les entrées toxiques, une vanne a été pétée pour imploser l’édifice social en entier.

 

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