L’effort dans le mal !
Notre merde devient plus nauséabonde chaque jour et toute merde qu’elle est, elle se décompose telle une substance putride qui répugne. Tant qu’on s’y on enfonce, on s’y adapte comme des métaux aux aimants. Nous respirons la merde, nous en avalons tel un médicament, ou pire, telle une drogue qui calme et apaise l’esprit, de sorte que, tout un chacun se transforme en des êtres veules, fantasmagoriques, du genre fantoche absolu.
Ainsi, l’Effort dans le mal, c’est un euphémisme pour décrire cette réalité révoltante et humiliante. Mais le maître de cette formule, Joseph Antenor Firmin, ce génie de la pensée haïtienne, l’a signifiée dans une rage césarienne. « Homme, disait-il, je puis disparaître sans voir poindre à l’horizon national, l’aurore d’un jour meilleur. Cependant, même après ma mort, il faudra, de deux choses l’une : ou qu’Haïti passe sous domination étrangère, ou qu’elle adopte résolument les principes au nom desquels j’ai toujours lutté et combattu ».
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