La couleur de la domination ou la nécessité de libérer la parole face à l’oligarchie
Nous pouvons, rappelle avec autorité Leslie F. Manigat, nous approprier de notre histoire sans être obligés par elle. L’histoire n’oblige pas, en ce sens qu’elle ne livre aucune recette infaillible pour la réussite, ni ne dicte aucune leçon contraignante, mais peut aider les acteurs postérieurs à s’affranchir des errements du passé et des voies sans issue autrefois empruntées (Manigat : 1999). C’est à la fois la vision du professeur Manigat de l’Histoire en général et une invitation à notre génération pour sortir des sentiers battus de « l’intellectuellement correct » et de la police de la pensée qui appauvrit l’intelligence et étouffe toute forme de réflexion émancipatrice.
Leslie Manigat, que nous venons d’évoquer, dans son analyse des conséquences de l’esclavage, brosse les grands traits du type social haïtien. La colonisation et l’esclavage, au dessus de tout, ont empoisonné le corps social haïtien. Il en ressort, en terme de constat tout au long de son analyse, une altération des structures sociales et des mentalités par la surdétermination de la question (de la race et) de couleur.
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