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Merci quand même à Thélyson Orélien

Merci quand même à Thélyson Orélien

Le bruit et la fureur autour de Thélyson Orélien et de son roman ne sont pas prêts de s’apaiser. J’ai entendu parler de C’était ça ou mourir pour la première fois le 13 août dernier en conversant avec mon amie Leyla C. Je termine des vacances en famille au Canada. Leyla, qui vit à Londres, me dit que le livre, phénomène de l’heure, n’est pas encore disponible en Europe. Je consulte sans tarder des libraires à Ottawa. Rupture de stock. Il faudra patienter environ deux semaines. Trop long pour que je l’aie avant mon retour au pays. Je place quand même la commande, et un parent me ramène le roman à Port-au-Prince début septembre.

Timoun yo bwè pwa

Entre temps, je prends toute la mesure du phénomène Orélien. Et à mon premier cours de littérature le 10 septembre 2026, je teste mes élèves. Comme l’an dernier, je démarre avec une question qui me comble d’aise : Quel est l’écrivain de chez nous qui fait la une de l’actualité littéraire partout sur la planète ? En septembre 2025, la question était au pluriel : Quels sont les deux écrivains de chez nous qui font les manchettes ces jours-ci ? Une nouvelle fois, je constate, déçue, que mes élèves ne sont pas très branchées littérature. Je commence par leur rafraîchir la mémoire. En septembre 2025, Yanick Lahens, en lice pour le Goncourt avec son roman Passagères de nuit, et René Depestre honoré à l’occasion de son centenaire, étaient de toutes les conversations. Puis j’enchaîne avec des indices sur celui dont on doit me citer le nom. En lice pour le Goncourt. Pour le Renaudot. Pour le Femina. Je fais la fière. J’insiste sur le succès exceptionnel pour un premier roman. Nad marinad. Ni le titre de l’œuvre, ni le nom de l’auteur ne fusent. Timoun yo bwè pwa. Je crache le morceau. Je reprends les statistiques affolantes. J’encourage vivement à s’informer sur les réseaux. J’annonce que l’œuvre est en lecture obligatoire. C3 Éditions a fait savoir que le livre serait disponible en Haïti par ses soins, dès le 11 septembre. Je négocie 10% de rabais pour mes élèves. Je présume que certains parents ont dû pester contre cette enseignante sans pitié, qui impose des dépenses supplémentaires tout juste après la coûteuse rentrée des classes. Men mezanmi ! L’occasion est HISTORIQUE.

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