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Rentrée scolaire 2026-2027 : le 7 septembre, mais où sont les écoles publiques ?

Rentrée scolaire 2026-2027 : le 7 septembre, mais où sont les écoles publiques ?

À quelques jours de la rentrée scolaire annoncée pour le lundi 7 septembre 2026, une question importante se pose avec une acuité particulière en Haïti : les écoles publiques seront-elles réellement en mesure d’accueillir les élèves ? Derrière l’annonce officielle de la rentrée se profile une réalité beaucoup plus préoccupante : plusieurs établissements publics ne disposent plus de locaux fonctionnels, tandis que l’insécurité continue de bouleverser le fonctionnement du système éducatif. Dans la commune de Port-au-Prince, les données recueillies sur le terrain et rapportées par certains syndicalistes, dont Léo Litholu, responsable de l’UPEPH, sur Vant Bèf Info, font état d’une situation particulièrement alarmante : sur onze lycées publics, un seul, le Lycée Jacques Roumain de Grand-Ravine, serait actuellement en fonctionnement dans ses propres locaux, dans un environnement pourtant fortement marqué par la présence des gangs. La question n’est donc plus uniquement de savoir si la rentrée aura lieu, mais dans quelles conditions elle pourra effectivement se tenir.

Le problème des locaux illustre de manière brutale l’affaiblissement du service public d’éducation. Le Lycée Marie-Jeanne, après avoir fonctionné durant l’année 2025-2026 dans des espaces mis à disposition par Mère Saint-Louis de Bourdon et Mère Sainte-Rose de Lima, ne disposerait toujours pas d’un local clairement identifié pour la nouvelle année académique. Le Lycée de jeunes filles, qui avait bénéficié pendant trois ans d’un local loué avec l’appui de l’OIM, arrive également au terme de cette solution provisoire. Le Lycée Toussaint Louverture ne disposerait que de cinq salles au Lycée Horatius, tandis que le Lycée Fritz Pierre-Louis doit lui aussi fonctionner dans un autre espace en raison de l’indisponibilité de son local habituel. Le Lycée Alexandre Pétion, quant à lui, est logé dans les locaux de l’École nationale Caroline Chauveau, ce qui réduit considérablement sa capacité d’accueil. À cela s’ajoutent plusieurs écoles nationales contraintes de fermer leurs portes après avoir perdu leurs bâtiments comme l’École Nationale Virginie Sampeur. Une école sans local n’est pas simplement une école en difficulté : c’est un service public dont la continuité est directement compromise.

Cette crise intervient dans un contexte sécuritaire qui a profondément désorganisé l’éducation nationale. Les violences armées, les déplacements de population et le contrôle de certains territoires ont rendu l’accès à l’école extrêmement difficile pour des milliers d’enfants. Les Nations unies estiment aujourd’hui à environ 1,47 million le nombre de personnes déplacées en Haïti, tandis que près de 5,8 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire. Dans ce contexte, l’école devient elle-même une infrastructure vulnérable. Certaines familles ont quitté leur quartier, d’autres ne peuvent plus franchir certains axes, et des établissements ont dû fermer ou déplacer leurs activités. La situation varie fortement d’un territoire à l’autre : les réalités scolaires de Delmas ne sont pas celles de Port-au-Prince, de Kenscoff, de Croix-des-Bouquets, de Tabarre, de Petite-Rivière de l’Artibonite, de Carrefour, de Mirebalais ou de Cité Soleil. Pour certains élèves, le principal obstacle est l’absence de local ; pour d’autres, c’est la sécurité du trajet, le coût du transport ou, tout simplement, l’impossibilité d’atteindre leur établissement.

À cette crise institutionnelle et sécuritaire s’ajoute la question du coût de la rentrée. Le gouvernement a annoncé une aide de 15 000 gourdes pour 140 000 parents, représentant une enveloppe d’environ 2,1 milliards de gourdes. Cette initiative constitue un soutien appréciable pour les familles les plus vulnérables, mais son montant doit être confronté à la réalité du coût de la vie. Cahiers, manuels, uniformes, chaussures, sacs, fournitures de géométrie, frais de transport et autres dépenses scolaires peuvent rapidement dépasser cette somme, particulièrement lorsqu’un ménage compte plusieurs enfants scolarisés. Dans un pays où l’inflation et la précarité réduisent fortement le pouvoir d’achat, 15 000 gourdes risquent davantage de constituer un soulagement ponctuel qu’une véritable couverture des dépenses liées à la rentrée. La question mérite donc d’être posée : combien coûte réellement aujourd’hui la scolarisation d’un enfant en Haïti ?

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1 commentaire

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Lyse

Très belle texte comme tjrs professeur

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