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Haïti face à la résolution historique de l’ONU sur la traite des esclaves : une opportunité diplomatique et mémorielle

Haïti face à la résolution historique de l’ONU sur la traite des esclaves : une opportunité diplomatique et mémorielle

L’adoption, ce mercredi 25 mars 2026, par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), d’une résolution historique proclamant la traite transatlantique des esclaves africains comme « le crime le plus grave jamais commis contre l’humanité », constitue un tournant majeur dans la reconnaissance internationale des injustices historiques. Cette résolution, portée par le Ghana sous le leadership du président John Dramani Mahama, a été adoptée par 123 États membres,  3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (Royaume-Uni, États membres de l’Union européenne) marque une avancée significative dans le combat mondial pour la mémoire, la vérité et la justice réparatrice.

Pour Haïti, cette initiative ouvre une fenêtre stratégique de plaidoyer diplomatique et historique. Première République noire indépendante et symbole universel de la lutte contre l’esclavage, notre pays dispose d’une légitimité unique pour renforcer son positionnement sur la scène internationale autour des questions de mémoire, de réparations et de justice historique. Cette résolution représente ainsi une occasion exceptionnelle pour Haïti de réaffirmer son rôle de nation pionnière dans la défense de la dignité humaine, tout en portant un plaidoyer fort en faveur de la reconnaissance des conséquences durables de l’esclavage sur les peuples africains et afrodescendants. Elle offre également une base diplomatique solide pour alimenter les discussions sur les réparations, la restitution de la mémoire historique et la consolidation des relations avec les pays africains et caribéens engagés dans cette dynamique.

Dans ce contexte, il apparaît essentiel pour la Chancellerie haïtienne de concevoir une « année diplomatique de la mémoire de l’esclavage ». Une telle initiative permettrait de valoriser le rôle historique d’Haïti en tant que première République noire indépendante ; de renforcer la mémoire collective autour des crimes et des injustices liés à l’esclavage et  de mobiliser la communauté internationale sur les enjeux de justice historique et de réparation. La mémoire de l’esclavage renvoie aux traces laissées par cette période dans les sociétés concernées, traces qui ont perduré à travers les siècles. Elle constitue également une culture façonnée par les revendications des descendants des victimes et par la lutte pour la reconnaissance et la réparation des torts causés par l’esclavagisme. Il convient de noter que les mémoires de l’esclavage sont multiples et différenciées au sein de la société haïtienne, reflétant les diverses expériences, récits et perceptions transmis de génération en génération (Augustin, 2018).

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