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Guerre pour gouverner le chaos

Guerre pour gouverner le chaos

Le Cap-Haïtien, jadis joyau touristique et historique, s’éteint sous le joug de la négligence administrative et la spirale accélérée de sa dégradation environnementale.  Face à cette urgence, la délégation du Nord brandit sa décision comme une torche flamboyante, ordonnant la libération des voies publiques et des canaux d’évacuation jadis dévorés par l’anarchie des constructions sur le boulevard. Les eaux usées retrouveront leur chemin jusqu’au bassin de Maître « Agwe » à Picolet, et la cité christophienne, symbole de mémoire et de fierté, reprendra sa dignité. L’autorité publique retrouve un semblant de légitimité en s’efforçant de rétablir la circulation, de prévenir les inondations et de rappeler que l’espace collectif n’est pas une propriété privée négociable. Dans un État normal, une telle opération s’inscrit dans une politique urbaine cohérente, accompagnée de concertation, de mesures sociales d’accompagnement et d’un discours pédagogique assumant l’intérêt général.

Privée de légitimité, l’opération bascule rapidement dans la démonstration brute de force. Un incident malheureux survient mais révélateur, lorsqu’un contrevenant invective, menace et provoque, scène devenue banale dans un pays où l’État a depuis longtemps perdu le monopole de la parole et de la contrainte. Policiers et civils armés, mélange désormais ordinaire, neutralisent l’individu avec vigueur sous les ordres fracassants du commissaire. Puis survient l’acte de trop, celui qui révèle tout : la gifle violente et le coup de pied assénés par le commissaire à son agresseur. Un geste inutile, mesquin, spectaculaire, qui ne rétablit rien mais confond autorité et brutalité. C’est ainsi que s’exerce un pouvoir dédaigneux, erratique et dépourvu de toute capacité de projection, contraint de recourir à la démonstration de force pour simplement s’affirmer.

Mépris, agitation tardive et tentation de prolongation

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