Port-au-Prince, les enfants dans les gangs armés: du silence des armes de jouets
par Hancy PIERRE
Il est courant d'offrir en cadeaux des armes de jouets surtout aux garçons qui simulent des scènes d'affrontement avec des pairs. La période de Noël est souvent la principale référence de partage de cadeaux. En maintes occasions , les autorités ont interdit l'usage de jouets qui produisent de bruits similaires à ceux provoqués par des armes à feu réelles. Ce qui était de l'ordre de paradoxe puisque les fournisseurs ne sont pas interdits dans la vente de tels produits sans nier le contexte d'insécurité qui est la scène de détonations sporadiques des membres de gangs armés entre autres. Un débat polémique se fait autour de la position relative à une relation directe de l'usage des armes de jouets par des enfants et des conduites futures à la violence. En effet, les enfants ayant déjà une prédisposition aux conduites violentes devraient être astreints à l'usage des armes de jouets mais dans le cas de la supervision de parents ou de tuteurs il n'est pas évident. Il serait recommandé de laisser s'exprimer des pulsions agressives en les détournant ou les canalisant par la simulation dans l'usage des armes de jouets par exemple.
Déjà, dans les années 1990, nous avons observé dans nos visites auprès des enfants de rue affiliés au projet Lakay des Salésiens des jeunes qui ont fabriqué des armes artisanales " arme créole" pour mieux réaliser des forfaits et ce qui était préoccupant en la circonstance. De jeunes visités dans la prison pour jeunes alors à Pétion Ville s'impliquaient dans des crimes macabres dont le plus connu était le dénommé "Ti domimicain". De plus en plus , les parents dits avisés s'abstiennent de donner des armes de jouets à leurs enfants pour prévenir des conduites délinquantes. Cela n'est pas toujours soutenu par certains spécialistes du social ( Hart et Tannock, 2013) . Ce, à savoir le manque de préparation des enfants à des situations difficiles et des épreuves qui pourraient causer un refoulement de pulsions d'agressivité et rendre vulnérables ces catégories d'enfants et de jeunes. Il est un fait que ces approches doivent être mis à l'épreuve dans des contextes particuliers comme ceux qui se développent en Haïti où il y a un déficit dans la politique de protection de l'enfant. Dans cette lignée , nous notons que la grande foule d'enfants et de jeunes sont exlus du droit à l'éducation quand 85% de l'offre scolaire proviennent du privé. Les droits au logement, à la sécurité sociale et à la santé sont loin d'être respectés. Des enfants et des jeunes eu égard à leur forte vulnérabilité économique et sociale sont enclins à être recrutés par des gangs armés.
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