Sécurité
De l'Anse-à-Galets à Montréal, un parcours du combattant
Quitter l’île de la Gonâve pour se rendre à Port-au-Prince est devenu, depuis quelque temps, pour les habitants de ce territoire de l’Ouest, un parcours aussi périlleux que celui qui menait autrefois vers l’Amérique du Nord en quelques heures.
Les efforts et l’énergie nécessaires pour y parvenir relèvent désormais du parcours du combattant : chaque mètre parcouru est une succession d’épreuves rappelant la douleur d’une traversée incertaine. Le trajet, de l’Anse-à-Galets en passant par Pointe-à-Raquette, puis par Miragoâne et les Cayes pour enfin rejoindre le Cap, a duré quatre jours avant de pouvoir embarquer pour Miami — un voyage lent et précautionneux, dicté par l’insécurité qui gangrène le pays.
Le lendemain, j’ai pris un vol de Miami vers le Canada, première étape d’un périple qui m’a conduit à Montréal. Ce pays est devenu ma seconde patrie depuis plus d’un quart de siècle — un lieu que j’ai appris à aimer et à honorer de tout cœur, par mes paroles comme par ma plume.
Nous devons une profonde reconnaissance à des nations comme le Canada, les États-Unis, la France, les pays européens et ceux d’Amérique latine, qui ont accueilli des milliers d’Haïtiens. Grâce à leur hospitalité, beaucoup ont pu accomplir ce qu’ils n’auraient jamais pu réaliser dans leur propre pays. Les transformations sociales et économiques liées à l’immigration ont permis à nombre d’Haïtiens issus de familles modestes d’accéder aux meilleures universités nord-américaines et européennes. Loin d’être uniquement une perte, l’émigration a aussi engendré des forces nouvelles.
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