Hayti face à une 12e intervention onusienne : remède nécessaire ou un protectorat déguisé entre sécurité promise et souveraineté menacée
Le constat est implacable : Hayti s’enlise dans la violence armée et l’instabilité politique, attendant, comme une fatalité, une nouvelle intervention étrangère. Mais après onze missions onusiennes avortées, faut-il croire à l’aube d’une libération ou à l’ombre d’une tutelle déguisée ? Sans un sursaut interne, sans une politique d’autosuffisance et de souveraineté, toute force venue d’ailleurs ne sera qu’un palliatif passager, un remède qui empoisonne. Car la paix ne se décrète pas par l’ONU ni par Washington ; elle se forge dans la volonté d’un peuple, dans la dignité retrouvée de ses institutions. Alors, la vraie question demeure pertinente en ce sens que Hayti peut-elle être sécurisée de l’extérieur, ou se libérer de l’intérieur ? De l’ailleurs, eu égard à cette discussion, les enjeux stratégiques sont multiples, car avant même de partir à la quête de sécurité immédiate, de restauration de l’État par les élections, il fallait accepter de redéfinir les rapports avec les puissances occidentales et les politiques diplomatiques internationales avec notamment Washington, pour le sauvegarde de la dignité nationale. En ouverture à cela, la sécurité est loin d'être une quête universelle émanant de l'ONU à Ayiti; en ce sens que comment construire une paix durable issue de la volonté de la population haytienne, et non d’un diktat extérieur après 11 tentatives de réhabilitation de paix déchues ?
Un projet aux allures de dernier recours
Ayiti, éternel phénix blessé au cou, se voit une fois encore convoquée au tribunal de grandes puissances mondiales. Dans l’arène du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis et le Panama brandissent une nouvelle résolution : déployer une force de 5 500 hommes pour mettre fin à la tyrannie des hommes armés en Ayiti. Mais la mémoire de l'histoire longue, tenace, rappelle que onze missions se sont déjà succédé, sans délivrance ni rédemption. Alors faut-il saluer cette proposition comme une aurore fragile ou la dénoncer comme l’ombre d’un nouveau protectorat étranger ? Entre communication politique de la souveraineté et mémoire historique d'une population en mode martyr, cette résolution cristallise encore la grande table des rapports diplomatiques internationaux d'Ayiti avec l'hémisphère Nord de l'ONU de la question séculaire : comment pacifier Ayiti une douzième fois sans la trahir ?
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.