Ethnologie
Écho de mon témoignage sur le loup-garou
Il a fallu la parution de mon article en date du 26 août dans le journal Le National - Le loup-garou existe : je l’ai rencontré – pour réaliser qu’il y avait vraiment “un mur à crever“ pour parodier Frankétienne. Pourtant, le phénomène du loup-garou est un élément important dans la culture du vaudou.
Si pour ce dernier, le mur à crever était une métaphore signifiant la nécessité de renverser la dictature des Duvalier, pour moi c’est une manière de marquer la nécessité de provoquer un débat sur le vaudou, notamment le phénomène loup-garou. Une façon de briser cette sorte d’hypocrisie concernant le vaudou.
Comme le dit ce bel adage poétique : « Il suffit qu’un oiseau chante pour que la forêt s’éveille ». En effet, j’ai reçu de nombreux messages et confidences de personnes de toutes confessions après avoir partagé mon expérience d’enfant face au loup-garou et la réaction de ma mère à ce sujet.
Une amie protestante, l’épouse d’un pasteur, m’a même confié sa propre histoire. Elle m’a raconté que sa mère perdait chacun de ses bébés, chaque fois qu’un loup-garou passait au-dessus de leur maison, toujours peu de temps après une naissance. Selon elle, ces pertes étaient dues à la jalousie des anciennes compagnes de son père, qui n’acceptaient pas que sa mère ait réussi à l’épouser. Son père, m’a-t-elle précisé, était d’une beauté rare, un charme irrésistible qui attirait les femmes.
Lorsque sa mère était enceinte d’elle, la peur s’est installée. Le médecin lui avait donné une date précise pour l’accouchement. Pourtant, le même jour, un ami de la famille, franc-maçon, a reçu en songe un message mystérieux : une mise en garde contre ce loup-garou qui, d’une manière inexplicable, semblait connaître à l’avance la date de naissance de l’enfant.
Dans son rêve, le franc-maçon voyait clairement que l’accouchement se produirait avant la date prévue par le médecin, et il indiquait même le prénom à donner au bébé. À ce moment-là, il se trouvait à la campagne, à plus de 60 kilomètres de la future mère. Le message fut transmis et respecté à la lettre.
Plus tard, des recherches ont montré que ce phénomène expliquait l’origine de nombreux prénoms de saints donnés aux enfants de mères qui, jusque-là, ne parvenaient pas à enfanter.
Le franc-maçon, devenu parrain de l’enfant, connaissait bien le loup-garou. Le jour de la naissance, lorsqu’il croisa la créature, il déclara publiquement : — « Fwa sa a, ti bébé a ap viv ! » (« Cette fois-ci, ce bébé vivra »).
Furieux, le loup-garou répliqua : — « C’est de moi que tu parles ? »
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