Kenscoff : Et si le Chef du gouvernement haïtien le savait…
Tout a commencé un matin où le vent sentait encore la menthe des collines de Kenscoff. Jezimèn courait dans la cour, le visage baigné de soleil, la voix résonnant de rires. Elle vivait, ou plutôt, elle incarnait la vie même. Fille de Dyefèt, paysan respecté, et de Vyèjeli, reine du jardin des betteraves et des légumes, elle avait grandi parmi les feuilles verdoyantes, les parfums de la terre et les mélodies des contes et lodyans d'enfants.
Chaque matin, elle partait à l'école d'un pas léger, saluant tout le monde, et passait souvent ses après-midi au parc à jouer à cache-cache. Puis, pleine d'énergie, elle aidait sa mère aux champs ou suivait ses frères, Dyené et Dyesonn, pour cueillir des cerises, des légumes, ou taquiner les chèvres, courir après les poules, les canards et les pintades. Kenscoff était leur éden.
Mais un jour, cet éden bascula soudain dans l'enfer. Des hommes sans visage arrivèrent. D'abord un bruit lointain, un souffle de panique, puis des rafales. Des cris. Des flammes. Des larmes. Depuis ce jour, Kenscoff a chaviré. Kenscoff n'est plus. Plus jamais le Kenscoff d'autrefois. Plus jamais, c'est du jamais vu.
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