États-Unis : une politique cruelle à l’égard d’Haïti
Tout compte fait, les mots usés de la diplomatie ne peuvent plus cacher les faits bruts. En sciences politiques, les décisions ne sont jamais neutres, et surtout jamais naïves. La récente initiative des États-Unis, consistant à désigner certains gangs haïtiens comme “groupes terroristes”, n’est qu’un rideau de fumée — un geste symbolique creux dans un théâtre de duplicité stratégique. Ce n’est pas un tournant. Ce n’est pas une rupture. C’est une diversion. Car la question centrale, que personne à Washington ne veut poser ouvertement, reste intacte : d’où viennent les armes ? Et pourquoi continuent-elles à entrer en Haïti ?
La réponse, si elle était dite sans détour, ouvrirait un abîme de responsabilités. Les États-Unis, qui peuvent suivre un colis FedEx jusqu’au pas de la porte dans une bourgade isolée, qui peuvent intercepter un missile au-dessus du Moyen-Orient, seraient donc incapables de contrôler le flux d’armes de guerre vers une île de dix millions d’habitants sous surveillance régionale ? Allons.
Il faut le dire clairement : ce laisser-faire américain est une stratégie. Une stratégie de pourrissement. Une stratégie de gestion à distance. Une stratégie de chaos contrôlé, destinée à maintenir Haïti dans un état d’implosion chronique, afin qu’elle ne dérange jamais l’ordre géopolitique régional. Ce n’est pas une négligence mais une politique étrangère déguisée en inaction.
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.