Quand l'État déserte, le peuple doit se lever
Un lundi matin de janvier 2025, dans un petit village oublié du Nord d'Haïti; comme d'habitude, les coqs chantaient, les houes saignaient la terre dans un fracas familier. Mais ce matin-là, quelque chose avait changé. Là où régnait depuis des mois le silence d'une école fermée, on entendait à nouveau des voix d'enfants.
Pas d'annonce officielle, pas de ruban à couper; ce sont les parents qui, fatigués d'attendre un Gouvernement absent, avaient décidé d'agir. Ils avaient fabriqué des bancs avec des troncs d'arbres, ) un tableau avec des planches sciées sur place. Et avaient aussi demandé à une jeune diplômée du village de venir faire classe, bénévolement. Elle écrivait à la craie, mais c'était bien plus que des mots qu'elle traçait; mais un avenir qu'elle esquissait.
Ce jour-là, sans tambour, sans caméra, ils ont compris que l'espoir ne viendrait pas d'en haut. Et que pour ne pas sombrer, il fallait se lever.
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