Déportation d’Haïtiens
Au nom des ancêtres
Au nom de l’histoire de mon pays, et de mes compatriotes qui vivent aujourd’hui dans l’angoisse d’être déportés par un régime fasciste et fascisant, je prends la parole. Je la prends parce que l’histoire nous enseigne une chose : le silence face à l’oppression finit toujours par devenir une forme de complicité. Ceux qui, hier, ont laissé faire les rafles, les expulsions, les humiliations, portent à jamais la tâche de leur passivité. Je refuse cette tâche.
Ce que vivent aujourd’hui des milliers de personnes n’est pas une simple “politique migratoire” : c’est une entreprise de déshumanisation. Un système froid, bureaucratique et brutal, mis en place pour traquer, enfermer et expulser des êtres humains comme s’ils étaient des indésirables, des nuisibles, des fautes à corriger. Ce système s’inscrit dans une longue tradition autoritaire, qui va des dictatures du XXe siècle aux politiques néocoloniales contemporaines.
Et que fait mon pays face à cela ? Il se tait. Il coopère. Il s’aplatit. Nos autorités courbent l’échine devant des dirigeants à Washington qui n’ont que faire des vies qu’ils brisent, tant que leurs intérêts sont préservés. Ils parlent de “partenariat stratégique”, de “coopération sécuritaire”, pendant qu’ils livrent nos frères, nos sœurs, nos enfants à la violence d’un régime sans scrupules.
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