Haïti : La violence des gangs et la manipulation politique confrontées à la résistance populaire
Les quartiers de Port-au-Prince, tels que Pacot, Débussy, Turgeau, Canapé-vert et Juvénat, qui résistent encore à l’emprise des gangs sur la capitale haïtienne. Ces quartiers viennent de franchir une étape décisive en brisant un tabou majeur de la crise sécuritaire actuelle. Ce tabou reposait sur l’idée que la population, prise en étau entre les atrocités des gangs, les défaillances des autorités politiques et l’absence de vision des élites pour le pays, serait incapable de se défendre.
Pendant des années, la soumission aveugle de ces élites où leur silence complice semblaient les seules options viables. Retranchées dans leur zone de confort, leur seule prévision était que toute tentative de résistance serait vouée à l’échec. Cependant, ces quartiers ont, une fois de plus, démontré qu’une autre voie était possible. En manifestant en direction du siège du gouvernement à Villa d’accueil, sur la route de Bourdon, ils ont rompu le cycle de peur et d’impuissance qui s’était installé dans le pays.
Cette rupture intervient dans un contexte où l’État haïtien, paralysé par l’influence des oligarques politiques et économiques, peine à exercer son autorité et ses pouvoirs régaliens. La communauté internationale, à travers les Nations Unies et les « grandes ambassades », contrôle largement les dynamiques politiques et sécuritaires du pays, et ce, depuis au moins 2010.
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