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Des enfants embrigadés dans des gangs armés en Haïti, un nouveau problème social !

Des enfants embrigadés dans des gangs armés en Haïti, un nouveau problème social !

Les enfants embrigadés dans des bandes armées irrégulières ont commencé à attirer l’attention des uns et des autres dans la conjoncture de 2003. Plusieurs reportages ont fait état d’enfants impliqués dans ces bandes pour être utilisés à la fois comme chair à canon dans les conflits politiques  et hommes de main manipulés pour réaliser de sales boulots. Ces sujets ne se sont pas forcément socialisés dans un environnement immédiat de violence ni enclins à une situation de désolation qui leur fait perdre l’identité de soi qui est plus fracassant pour ce groupe facilement manipulable. Ce sont aussi d’enfants de familles stables qui sont de proie facile du fait de leur condition de maturité précoce. Ils sont quelques fois influencés par leurs pairs à défaut de surveillance des ainés. Un animateur d’un show politique dans un média n’a-t-il pas relayé des informations  qui ont fait l’éloge des activités souterraines qui rapportent de l’argent . Ce qui tient lieu de publicité à l’économie criminelle prétextant alors le fort taux de chômage juvénile que connait le pays.En ce sens, selon «des témoignages d’un mineur, il a été payé 33$ us chaque samedi et un autre a avoué avoir recu des milliers de dollars au cours de son premier mois au sein du gang». (Associated Press, 25 novembe 2024).

 Des chiffres affolants en 2024 renseignent sur « une armée d’enfants » associée aux activités criminelles des gangs armés . Human Rights Watch avance « qu’au moins 30% des membres des bandes criminelles qui terrorisent le pays sont des mineurs. Selon l’UNICEF,  le nombre de mineurs membres de gangs a augmenté de 70%,  ils sont  entre 30% et 50%. Ces jeunes sont des informateurs. Ils sont forcés de s’impliquer dans des attaques armées. Quant aux filles, elles font la cuisine et le ménage. Elles servent aussi d’objets sexuels en participant à des scènes d’orgies. « Cette réalité a été voilée en tant que fait accidentel qu’on s’attarde à définir comme problème social dans le champ de réflexion des sciences sociales et notamment dans le travail social en Haïti. Il revient aux organisations internationales de faire écho d’une situation “invisible” que constituait paradoxalement la présence des enfants dans des bandes armées irrégulières. Delà, il est problable qu’avec des projets sur la prise en charge de ces enfants envisagés par ces organisations, la dangérosité de la situation des enfants embrigadés dans des gangs  serait transformée en problème social. En effet, les chercheurs et chercheuses s’accommodent aux approches normatives dominantes de telle sorte qu’ils/elles auraient évacué des opportunités d’introduire le concept « d’enfants embrigadés dans des gangs armés ». Déjà, de bandes d’adolescents occupaient les rues  et se constituaient en base ( bàz, en créole) qui revoie à cartel dans leur jargon ; certains connaissaient le vagabondage, la fugue voire des actes de larcins. Quant au phénomène d’enfant de rue, il aurait présagé des élans de ce groupe aux pratiques de gangs de rue pour être vulnérables du point de vue économique, social et affectif.Toutefois, tous les enfants de rue ne sont pas liés à des gangs armés; ce qui est souvent un point de stigmatisation dans le milieu.Les enfants au sein des gangs visent , eux, la réussite financière par de moyens plus rapides et plus faibles. Ce sont aussi de leaders. Ils sont intelligents, charismatiques, enjôleurs, idéalistes, loyaux et cyniques. Ces jeunes sont en colère et ont le sens de l’honneur et du respect, envers le gang. Ils sont de ratés ou de décrocheurs. Les problèmes familiaux et de toxicomnaie de beaucoup d’entre eux participent à leur faire de proie facile à être récrutée. Certains maintiennent malgré tout des liens avec leurs parents sans être mêlés dans la drogue.Ce sont d’éléments  de classes moyennes et faible. Ce profil de gangs de rue a été établi en guise d’approximation du problème, en nous basant de Mourani (Dorvil,2007:264).

Dans notre vécu professionnel, nous nous rappelons l’évènement organisé à la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’Etat d’Haïti en 2004 sur les enfants embrigadés dans des bandes armées, avec les interventions du professeur Guy DALLEMAND et des étudiants Stanley Zamor de la sociologie et Louis Justin VOLTAIRE du travail social. Ce terme a été interchangé à celui d’enfants -soldats après de mures discussions préalables. Depuis lors, nous n’avons connu aucune avancée conceptuelle significative. Les termes traditionnels continuent à dominer la littérature des sciences humaines et sociales et celle du travail social en l’occurrence : enfants de rue, enfants en domesticité, enfants délinquants, enfants en situation difficile voire enfants inadaptés tel est l’intitulé d’un cours dans le cursus du département de psychologie de la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’Etat d’Haïti.

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