Les « pères Noël » du MENFP »
Malgré mes efforts je ne parviens pas à refouler de mon imagination une représentation méchante de la brochette de responsables du ministère, affublés de bonnets pointus en faux velours rouge, avec bordure et pompon en fausse fourrure blanche leur retombant sur l’épaule. Doctement alignés derrière leur table officielle, en ce 23 décembre, ils sortent de leur hotte le cadeau-surprise de l’année : un programme « revisité » du Secondaire. Pas de jaloux, les petits ! Les quatorze matières sont concernées. Et, cerise sur le gâteau, cette innovation entre immédiatement en application et sera la matière des évaluations des juillet 2025. Le respect d’un calendrier à vocation pédagogique se limiterait-il au ministère de l’éducation à la fermeture des établissements ayant osé débuter leurs activités quelques jours avant la date officielle ?
Certes, le MENFP nous avait déjà accoutumés à de semblables coups de théâtre, avec les « One man show » du précèdent titulaire, toujours prêt à monter sur la scène médiatique pour sortir un nouveau lapin de son chapeau de prestidigitateur. La pochette surprise de décembre 2023 contenait, si ma mémoire ne me trahit pas, toute une panoplie de matières pour le dernier cycle fondamental. Elles n’étaient pas toutes nouvelles, mais faute de programmes et directives précises, elles n’étaient pas véritablement objet d’enseignement. Introduire, en janvier, cette nouvelle charge horaire dans des emplois du temps déjà surchargés, sans savoir où s’adresser pour dénicher des professeurs formés pour cela relevait du cauchemar pour les responsables des écoles encore ouvertes et luttant difficilement pour leur simple survie. Mais en « bousillant » la suite de l’année scolaire, les exactions des bandits, vrais chefs du pays, ont involontairement exercée une fonction régulatrice. Elles ont contraint à se recentrer sur l’essentiel, lorsque c’était encore possible : doter du bagage qualitativement et quantitativement « optimal » des élèves perturbés et parfois démotivés, dans des conditions de travail parfois invraisemblables, s’apparentant souvent à une forme de bénévolat pour les professeurs du secteur privé.
Voici, messieurs les pères Noël, la réalité du terrain, ses urgences et priorités. Déduisez-en les attentes et comparez-les à vos cadeaux.
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