Et nos frères arrivent !
La nouvelle, on la connaît. Elle est sur toutes les lèvres, sur tous les réseaux sociaux. Après la valse incessante des hélicoptères qui, pendant la nuit nous privant de notre précieux sommeil déjà si rare en ces temps de stress intense, s’affairaient à évacuer les ressortissants étrangers hors du pays, aujourd’hui c’est au tour des avions militaires américains de transport d’atterrir quotidiennement sur la piste de l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince en préparation à l’arrivée prochaine de la Mission multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS). Cette fois-ci, c’est du sérieux. Après près de deux (2) ans de tâtonnements et de tergiversation, deux (2) ans que la demande a été officiellement produite par le gouvernement du Dr Henry, que le Conseil de Sécurité des Nations Unies a donné son accord, les USA, leur soutien logistique et financier et les parties prenantes haītiennes, leur plein accord, on pourra cette fois dire haut et fort, avec même un zeste de fierté que nos frères africains et caraïbéens, enfin, arrivent ! Déjà, un grand changement, on ne dira plus ”les Blancs débarquent !”, mais nos frères arrivent !
Rien de nouveau sous le soleil, serait-on tenté de dire. Du déjà vu depuis 1994 en passant par 2004 pour arriver à 2024. On pourrait aisément penser qu’ on a eu une intervention de forces étrangères tous les dix (10) ans si l’ écart entre celle de 2004 et celle d’aujourd’hui n’ était pas de vingt (20) ans... La fréquence des interventions durant ces trente (30) dernières années donne la vague impression qu’ici et là, pour des raisons diverses, on s’y habitue et qu’ on y a pris goût. Comme le dit le vieil adage, chacun y trouve son compte.
En 1934, lorsque les Marines qui avaient débarqué en 1915 laissèrent le pays, ils ne se doutaient pas qu’ ils allaient y revenir soixante (60) ans plus tard, sûrs qu’ ils étaient de l’impact que leurs dix-neuf (19) années d’occupation auraient eu sur la vie politique et administrative d’ un pays où les révolutions étaient monnaie courante ( l’internalisation de la démocratie n’ était pas encore à l’ordre du jour).
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