Une diaspora haïtienne au service du développement local
Depuis longtemps des idées contradictoires ne cessent d’émettre sur le rapport existant entre la migration et le développement. Trois paradigmes marquent le débat sur cette question. Entre 1950 et 1960, le paradigme optimiste développementaliste était dominant. Pour les tenants de ce paradigme, la migration a un impact positif sur le développement, pour les pays émetteurs surtout. Ils affirment que les migrants apportent de l'argent, des idées et nouvelles connaissances et développent des comportements d’entrepreneurs. Donc, cela est bénéfique pour les pays émetteurs. En ce sens, différentes théories expliquent en quoi la migration a un fondement positif. Par contre de 1970 à 1980, le paradigme pessimiste néo-marxiste dominait les débats pendant cette période. Les pessimistes expliquent que la migration est un facteur de progression des disparités spatiales, entre les niveaux de développement (pays émetteurs et récepteurs), mais non un facteur tendant à réduire les disparités. Elle ne favorise pas le développement des pays émetteurs, mais elle est plutôt profitable aux pays récepteurs. Ces idées trouvent aussi leurs explications à travers des théories. Enfin, dans les années 1990 on assiste à une tendance dite pluraliste et avec des idées plus nuancées que les deux premières. Les porteurs de cette tendance, se basant sur des travaux empiriques, montrent que la migration a des impacts tantôt positifs, tantôt négatifs et non déterministe sur le développement.[i]
Haïti est un pays qui connaît un flux migratoire presque continue, d’une période à l’autre. Le pays a d’ailleurs une histoire avec la migration. Ce phénomène remonte jusqu’aux périodes coloniales.[ii] Par conséquent, les débats sur la migration et le développement paraissent être très évidents dans la société haïtienne. Certains postulent que les meilleures compétences du pays sont dans la diaspora. Cela peut-être une prétention. D’autres expliquent que la diaspora haïtienne est une importante contributrice de l’économie haïtienne. Partant avec ces deux affirmations, les migrants haïtiens (la diaspora haïtienne) pourraient être considérés comme des ressources pour le pays. Considérés comme étant des ressources, il est recherché comment les migrants peuvent s’impliquer réellement dans le processus de développement de leurs communautés. C’est donc la logique de cette réflexion.
Entre les trois paradigmes qui traversent les débats sur la migration et le développement, nous avons inscrit notre démarche dans celui des optimistes. Néanmoins, à travers la réflexion, nous n’endossons pas toutes les charges théoriques que charrie ce paradigme. L’aspect qui nous intéresse le plus dans ce paradigme est l’apport de l’argent par des migrants qui est brandi par les optimistes. Toutefois les migrants haïtiens (la diaspora haïtienne) apportent réellement de l’argent dans le pays, est-ce qu’un mouvement organisé dans la diaspora haïtienne ne peut pas rendre disponibles ces argents au bénéfice du développement local, en guise de seulement verser des argents dans les caisses noires de l’État central alors que ces argents ne sont pas investis dans le développement, de seulement financer la consommation (alimentaire ou autres) des ménages haïtiens, ce qui n’est pas durable ? En d’autres mots, comment peut-on rendre plus utile la diaspora haïtienne, en faisant institutionnaliser le fond de la diaspora haïtienne au bénéfice des communautés locales ?
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5 commentaires
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Kechlor LOUIS
Bravo 👏 JACOB ! Excellente réflexion. La diaspora haïtienne peut se constituer en force pour aider leur communauté davantage et tout en demandant de compte. La question de $1.50 sur les transferts pourrait utiliser pour le développement de la communauté malheureusement ce n'est pas le cas. Donc, si la diaspora haïtienne pratique cette solidarité dont vous avez proposé, une autre Haïti est possible. Vous faites de très bonnes propositions. Compliments !
Lopkendy JACOB
Olivier Petion, bien dit. Vos commentaires servent de compléments à ma réflexion.
Oliver PETION
Pour utiliser la diaspora Haitienne comme une ressource efficace, on doit d'abord accepter de leur permettre de jouir de leurs droits, par exemple, la protection de leurs vies et de leurs biens. En etablissant un climat de securite efficace et des mesures drastiques contre la spoliation. Leur permettre d'integrer la vie politique du pays en etant des electeurs/trice et de potentiel candidat/te. revoir les statuts du CFI, permettre leur integration dans les chambres de commerce du pays. Etablir des balises contre ceux/celles qui veullent, monopoliser tel secteur economique, a titre d'exemple, le transport aerien... Il faut cesser de considerer la diaspora haitienne comme etant une poule aux oeux d'or, mais comme etant un natif du pays et qui possede des droits comme tout citoyen et la-dessus, on veut parler des droit civils et politiques......
2 réponses
Lopkendy JACOB
Olivier Petion, votre commentaire est parfaitement correcte. Cependant, il semble que vous ne prenez pas en compte la conclusion de l'arricle ainsi que le fondement des idées. On ne prend pas la diaspora haïtienne comme la poule aux oeufs d'or comme vous disez. Au contraire, cette réflexion est inscrite dans une perspective pour permettre à la diaspora de voir ce que font leurs argents, au lieu de remplir les caisses de l'État pour rien. Lorsque je dis pour rien, c'est-à-dire l'État ne réalise rien dans les communautés avec ces argents, la diaspora ne jouit presque aucun droit, etc. Un tel mouvement permettra à la diaspora de se constituer en une force politique leur permettant de déboucher sur la jouissance de leurs droits. Je ne le dis pas clairement. Mais, d'autres articles viennent compléter ce dernier. Si vous regarder bien, le schéma que je propose c'est une ONG internationale. C'est ce que je veux qu'elle construisse. C'est donc une stratégie. Cette force que je leur exhorte de construire sera un outil de lutte. On ne donne pas une victoire, on gagne une victoire avec des stratégies.
Oliver PETION
Ce commentaire n'est point sujet de critique en rapport avec l'article, cependant dans une appréhension générale du concept diaspora haïtienne, on la considère comme telle, prenons en considération, la FNE, oui il faut engagé la diaspora vers le secteur de l'éducation, mais il faut savoir aussi faire montre d'une bonne transparence dans la gestion de ces fonds. Il vrai que dans un cadre généralisé la diaspora est un moteur de développement pour toute société, et on peut dire que l'exemple du FNE en est la preuve. Néanmoins, il faut considérer ces points. Prenons par exemple leurs interventions au niveau du Canal sur la rivière massacre, oui il faut les mettre en confiance pour les engagés/es dans des projets nationaux a grande échelle mais il faut penser a ces préalables. Le gouvernement devrait revoir sa politique publique en ce qui concerne ce secteur et c'est ici que je cadre mon intervention.