Kenscoff, sa mise en tourisme à partir des forts Jacques et Alexandre dans une dynamique de développement local
À travers le monde, le tourisme est un secteur très prisé dans le processus de développement, car il permet de renforcer l’économie des pays développés en permettant à ces pays de devenir attrayants sur le plan international (Boualem et al., 2018). Cette pratique, appelée touristification, est d’abord un processus permettant de créer un lieu touristique ou de transformer un ancien lieu par le tourisme en aboutissant à un lieu touristique.[1] Ce processus a une dimension idéologique et politique au regard de l’histoire, alors que la mise en tourisme a été appréciée du point de vue scientifique que récemment (Boualem et al., 2018). En dehors des autres critères, la mise en tourisme peut se faire à travers le tourisme mémoriel qui est une facette singulière des activités touristiques, dans lequel les dimensions historiques priment sur celles des divertissements.[2] Car, la mémoire est la forme du passé dans le présent qui maintient l’identité des groupes sociaux, elle est donc la gestion et l’administration du passé dans le présent, selon Pierre (1996), cité par Lavabre (1998). C’est ainsi que (Halbwachs, 1950 : 5) a écrit « quand nous revenons en une ville où nous avons été précédemment, ce que nous percevons nous aide à reconstituer un tableau dont bien des parties étaient oubliées ». En Haïti, il existe bien des éléments de la mémoire pouvant gérer et administrer le passé dans le présent, particulièrement à Kenscoff. Car il existe des sites qui ont une forte dimension historique et mémorielle dans cette commune. Il s’agit en premier des forts Jacques et Alexandre. Ils ont ces dimensions du fait qu’ils fussent érigés dans un contexte historique qui retient particulièrement l’attention de chaque Haïtien et tous les antiesclavagistes et anticolonialisme en général. D’ailleurs, fort Jacques fut construit tout de suite après la proclamation de l’indépendance d’Haïti, sous les instructions de Jean Jacques Dessalines dans l’objectif d’abriter la toute jeune nation libre contre d’éventuelles attaques des colons français (ISPAN, 2009). Quant à fort Alexandre, il fut construit dans une perspective pour renforcer et consolider fort Jacques dans sa position stratégique, qui paraît très vulnérable sur le flanc Sud-Est.[3] Aujourd’hui, en dépit de la valeur mémorielle et touristique des forts Jacques et Alexandre que confère leur caractère historique, ils n’ont pas fait cas d’un bon traitement puisqu’à l’intérieur du site l’insalubrité n’est exempt, pas d’entretien et manque de contrôles et de mesures adéquates.[4] D’ailleurs à fort Jacques, suivant des commentaires peut-on lire sur les réseaux sociaux, les guides ne sont pas identifiés et agressent les visiteurs, pas d’accueil des visiteurs, les routes intérieures sont en mauvais état, etc.
Or ces monuments historiques, de par de leurs potentialités touristiques, pourraient représenter une véritable opportunité économique pour la commune de Kenscoff. D’ailleurs, ils représentent un capital culturel et social pour la communauté. Selon Callois (2004 : 17), « dans la littérature sur le capital social, les facteurs sociaux peuvent avoir un impact sur les phénomènes économiques. Ainsi l’existence dune forte identité locale, héritée d’un passé lointain, peut avoir des effets positifs sur les incitations économiques actuelles ».
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2 commentaires
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PETIT-NORD MERCIDIEU HISTORIEN
Très bel article. Je tiens à féliciter l'auteur pour ce travail combien important. Si l'État haïtien a pris des dispositions nécessaires pour faire ce que dit l'article Kenskoff deviendra un pôle de développement de l'arrondissement de Port-au-Prince, Malheureusement.....
Dioskylide
Bon travail!