De la crise de l'éducation à l'éducation à la crise en Haïti
L'éducation haïtienne connaît une crise chronique provenant fondamentalement de deux facteurs principaux : le problème de gouvernance politique et administrative et la faiblesse des politiques éducatives qui en résulte. Un autre facteur crisogène est le choix initial de fonder cette éducation sur une expérience d'acculturation où les apprenants ont toujours été contraints d'être scolarisés en français, une langue qu'ils ne connaissent pas, tandis que tous maîtrisent le créole. Cette acculturation vient notamment du fait que les premiers éducateurs et responsables d'écoles de l'État d'Haïti étaient des Français qui enseignaient en français dans la négation du créole et qui sont à l'origine de la créolophobie qui perdure aujourd'hui encore. Mais il est quand même dommage que la prise en main de l'école par les nationaux n'ait pas permis de régulariser la situation. Il se pose dès lors le problème de l'inculturation de l'école notamment sur le plan linguistique. Que le système éducatif connaisse des crises n'est pas une fatalité. Au contraire. Les crises constituent un baromètre qui permet de prendre le vrai pouls de la situation. Elles offrent ainsi l'occasion d'amélioration, de redéfinition, d'ajustement, d'un nouveau départ. Le problème est d'être incapable de s'en sortir ou même de pouvoir reconnaître l'ampleur de la situation comme on en a l'impression depuis plusieurs décennies.
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