2024 : l’enjeu ultime freiner le chaos à tout prix
Depuis l’année 2018, on assiste à l’approfondissement de la situation d’anarchie sanglante et de chaos généralisé que connaît Haïti. Le siège de Port-au-Prince par des gangs lourdement armés, contrôlant tous les points stratégiques et les principaux axes routiers reliant la capitale aux autres communes du département de l’Ouest et aux neuf autres départements, consacre l’effondrement de l’État, de l’économie rachitique et du lien social. Dès lors, avec l’alliance des chefs de gangs et des narcotrafiquants, l’industrie du kidnapping, fonctionnant à plein régime, les viols collectifs, les assassinats, les massacres de masse et les déplacements de populations sont le lot de la quotidienneté du peuple haïtien.
Face à cette catastrophe nationale, une fois de plus, des Haïtiennes et des Haïtiens, de toutes les catégories sociales, cherchent par tous les moyens à laisser définitivement le pays. Le programme humanitaire du président Joseph Robinette Biden ne fait que vider Haïti de ses ressources humaines : écoliers, étudiants, enseignants, professeurs-chercheurs, policiers et socioprofessionnels de tous les domaines partent légalement pour les États-Unis d’Amérique. Entre-temps, le Canada s’apprête déjà à parachever l’œuvre américaine. Ainsi, la phase du chaos créatif (Creative chaos) est réalisée magistralement. Celle de reconfiguration de l’État, de l’économie et de la société (State Building/Nation Building) suivra en 2024 (Voir le document intitulé Global Fragility Act). À cet effet, la communauté internationale, à la demande des dirigeants haïtiens, s’engage à financer, à hauteur de six cents millions de dollars américains, la Mission multinationale de soutien à la sécurité qu’elle compte déployer en Haïti au premier trimestre de l’année 2024.
Nul besoin d’être un analyste avisé du drame sociopolitique haïtien pour prévoir que la communauté internationale et les élites locales, coresponsables du désastre haïtien, vont subir, comme d’habitude, un échec retentissant. Car de 2004 à 2017, le financement de la précédente mission multinationale, à hauteur de huit cents millions de dollars américains, a donné les résultats que l’on sait et la même bêtise va se répéter, du fait de la cécité, de l’ignorance et du cynisme de la communauté internationale, joints à l’incompétence, la médiocrité et la mentalité d’anciens esclaves de la classe politique haïtienne.
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