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Le départ du Premier ministre de facto Ariel Henry : nécessaire et incontournable

Le départ du Premier ministre de facto Ariel Henry : nécessaire et incontournable

Les récents évènements de Carrefour-Feuilles à Port-au-Prince ont fait ressortir, une fois de plus, la collusion entre le pouvoir politique et les gangs armés en Haïti. Après qu’un chef de gang ait annoncé plusieurs semaines à l’avance son intention d’attaquer ce quartier, aucun renfort n’a été envoyé au commissariat local. La population, avec l’aide de certains policiers a résisté tant qu’elle a pu, mais des milliers de personnes ont finalement été obligées de quitter leurs domiciles pour échapper aux exactions des brigands.  Après leurs méfaits à Carrefour-Feuilles, ces derniers commencent à investir des quartiers avoisinants.  Ces évènements confirment, si besoin était, ce que disent les experts depuis bien des mois, sinon des années : l’insécurité en Haïti est d’abord un problème de gouvernance.

Cette situation découle directement de deux catastrophes majeures qui ont frappé le pays au cours de l’année 2010. La première s’est produite en janvier de cette année-là : un puissant séisme a fait près de 300 000 morts, incluant de nombreux fonctionnaires, surtout dans la région de la capitale nationale. Quasiment toutes les institutions gouvernementales se sont effondrées. Parmi les instances de la « communauté internationale » qui ont œuvré à porter secours à la population, certaines en ont profité pour prendre le contrôle du pays. Par exemple, moins de 5% de l’aide internationale a été gérée par l’État haïtien. De plus, la « communauté internationale » a exigé la tenue d’élections générales en décembre de la même année et a imposé ouvertement la modification des résultats du scrutin.

Cela a amené à la deuxième catastrophe : la prise du pouvoir de l’équipe dirigeante la plus corrompue de l’histoire d’Haïti, le régime PHTK. Aujourd’hui certains membres de cette équipe dirigent encore le gouvernement, avec l’appui inconditionnel de la « communauté internationale ». La crise actuelle, bien qu’elle ait éclaté en juillet 2018, est le résultat de la politique délétère de ce régime qui détient le pouvoir depuis plus de 12 ans. Des solutions haïtiennes viables à la crise ont été proposées, les plus importantes étant l’Accord du 30 août 2021, dit Accord du Montana et la déclaration de Kingston, regroupant le groupe Montana et la plupart des partis politiques en Haïti. Elles ont cependant toutes été repoussées par le gouvernement dirigé par le premier ministre de facto Ariel Henry, fort de l’appui inconditionnel de la « communauté internationale ». La déclaration de Kingston réclame justement sa démission.

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