Le processus de l’errance selon le paradoxe de la performance défaillante
(Partie II)
Précédemment, nous avons montré que par sa non-intégration dans un écosystème d’information harmonisé et structuré autour du registre national de la population, le système de l’état civil haïtien nourrit l’impensé stratégique de la gouvernance du pays. Et cela, bien évidemment, au grand bonheur des acteurs nationaux, étatiques et non étatiques, et internationaux qui trouvent ainsi des raisons et des moyens d’entretenir l’errance collective au bénéfice de leur propre performance. Cela donne lieu à ce paradoxe que nous appelons le bug de la performance défaillante.
Notre propos, dans cette seconde partie et dans la dernière qui suivra, sera d’expliciter le mécanisme de fonctionnement de ce bug, car il est l’une des différentes failles qui guident la trajectoire continuelle défaillante du pays. Ces failles organisationnelles, présentes dans toutes les institutions haïtiennes, sont entretenues à dessein pour plomber l’écosystème des données nationales de la prise décision. Et cela, malgré la présence dans ces institutions et ces organisations d’un staff managérial et des ressources humaines académiquement bien étoffés, tout au moins en termes de titres et de diplômes. Ce qui donne lieu à un autre paradoxe : plus les institutions haïtiennes recrutent des ressources humaines anoblies par les grandes universités étrangères, plus l’écosystème organisationnel du pays est défaillant et dépend de l’assistance internationale.
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