Haïti : assassinat de travailleurs et répression syndicale
Depuis le 1er mai 2023, les travailleurs et travailleuses du secteur industriel ont relancé une importante mobilisation pour exiger l’indexation de leur salaire sur le taux de l’inflation. Cette levée de boucliers fait suite à la décision arbitraire du gouvernement de facto de procéder à une seconde augmentation du prix de l’essence à plus de 100% conformément aux recommandations de FMI. Rappelons que les travailleurs et travailleuses reçoivent un salaire horaire de 0,55$ américain. En refusant d’indexer le salaire minimum en fonction de l’inflation, comme cela est indiqué pourtant dans le Code du travail, l’État haïtien ne fait qu’aggraver la misère des travailleurs et travailleuses. Aujourd’hui, l’inflation tourne annuellement autour de 50%. Les travailleurs et travailleuses se trouvent ainsi dans une situation de survie et de misère abjecte.
Le 24 mai 2023, une mobilisation de travailleurs et travailleuses de la Société nationale des parcs industriels (SONAPI) située dans la capitale a été sauvagement réprimée par la police nationale. Une mobilisation tuée dans l’œuf au prix de plusieurs blessés par balles, de coups de matraque et de gaz lacrymogènes toxiques. Parallèlement, le patronat a renforcé les pratiques d’intimidation dans les différentes usines. Certains travailleuses et travailleurs syndiqués sont arbitrairement licenciés pour raison syndicale alors que d’autres sont menacés de révocation sans raison apparente.
Au sein de la Compagnie de développement industriel (CODEVI) dans la ville de Ouanaminthe, le contrôle des travailleurs et travailleuses prend une dimension que l’on peut qualifier de « totalitaire »[1], car ces travailleurs et travailleuses sont non seulement contraints de fournir de quotas de production faramineux, mais ils et elles sont également soumis à un régime de disciplines allant au-delà des activités de travail. Ils et elles sont surveillés dans l’intimité de leur corps et de leurs choix vestimentaires.
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