Des tabous religieux vers la décolonisation mentale pour la construction de l’être social haïtien
Après trois siècles rythmés d’incessantes luttes orchestrées par des hommes et des femmes de valeurs, mesurés à l’aune de la bravoure, de l’intrépidité et du sens de l’existence, la conviction a fini par nous accoucher le 1804 que l’histoire elle-même ne cessera jamais de couronner. Depuis lors, nous nous pensons être réellement libres. Cependant, bien de nos pratiques conçues comme des évidences prouvent le contraire. Ce présent article n’a pas pour ambition de faire un inventaire de ces évidences, mais plutôt de déceler l’ignorance cachée derrière elles. Et cette ignorance dont nous parlons est en fait conçue, érigée et maintenue via des croyances fabriquées par l’Occident qui nous sculpte un dieu assurant sa grandeur de par la pérennisation de notre décadence. Etant devenu aliéné, dépouillé complètement de son script identitaire, ces valeurs religieuses sont acceptées, puis entretenues et fièrement revendiquées par le pauvre nègre qui se vante d'être libre. Mais en quoi sommes-nous encore colonisés, si depuis 1804 les colons se sont appareillés de la terre d’Ayiti ? Comment la religion pourrait-elle un canal pouvant nous tenir toujours sous la bride de la colonisation ? Comprendre ce questionnement implique à cerner la colonisation en sa double aspérité.
Colonisation, une subordination des esprits et de l’imaginaire
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