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Haïti : Pour souligner le trente-sixième anniversaire de la Constitution de 1987

Haïti : Pour souligner le trente-sixième anniversaire de la Constitution de 1987

Le mouvement populaire de 1986 n’a pas été seulement une levée de boucliers contre la dynastie des Duvalier, il a cristallisé également un grand besoin de changements sociaux, politiques et économiques. En dépit du maintien de la structure de l’État duvaliérien, le départ de la famille des Duvalier a ouvert la voie à la consécration d’un ensemble de revendications, dont la liberté d’expression, le principe d’une gouvernance démocratique et participative, la décentralisation des pouvoirs publics, etc. La Constitution de 1987, issue du référendum populaire, a transformé ces aspirations en principes juridiques. En dehors des limites inhérentes à tout texte constitutionnel, ce geste constitue un tournant dans l’histoire politique haïtienne. En effet, c’est pour la première fois que les Haïtiens et Haïtiennes se prononcent par voie référendaire sur la Constitution de leur pays. Ce moment n’a pas simplement une importance symbolique puisque le texte constitutionnel a entériné un ensemble de droits que les gouvernements autocratiques successifs ont ravis au peuple haïtien.

Néanmoins, depuis 1986, toutes les forces réactionnaires se sont évertuées à bloquer tout changement qui aurait pu amener à l’élaboration d’un État démocratique et à l’avènement d’une société juste. La Constitution de 1987 est une étape cruciale dans la lutte pour instituer un tel État. C’est pour cette raison que cette Constitution a été la cible des néoduvaliéristes et de certains secteurs réactionnaires de l’oligarchie. Pour ces secteurs, le contrôle de l’État était donc nécessaire afin de faire obstacle à toutes réformes rendues possibles par la nouvelle Constitution. Le massacre des électeurs en 1987, les coups d’État de 1991 et de 2004, les occupations militaires successives sont des exemples non seulement flagrants de violation de la Constitution, mais représentent surtout des tentatives machiavéliques pour l’abolir de façon définitive.

Depuis 2011, avec la montée au pouvoir des néoduvaliéristes du PHTK, les attaques contre la Constitution n’ont pas cessé. D’entrée de jeu, le gouvernement de Michel J. Martelly a décidé à la cloche de bois d’amender la Constitution, une décision qui a été pourtant largement rejetée par les classes populaires et des organisations progressistes de la société civile. En outre, feu le président Jovenel Moïse a effectué des démarches systématiques pour essayer unilatéralement de rédiger sa propre Constitution.

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