Louanges à Lourdjina !
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Un mélange exquis de finesse, vitesse et robustesse ; ce jeune prodige initialement au service de Tigresse a mis tous les tifosis du sport roi en liesse à la suite de sa majestueuse prestation face au Costa Rica puis au Salvador. Au cours de deux matchs consécutifs se soldant par un doublé puis un quadruplé décisifs dont deux buts d’anthologie, d’une rare magnificence, Lourdjina se révèle un phénomène du ballon rond.
C’est depuis le niveau minime (U-14) que Lourdjina Etienne étalait ses empreintes légendaires en scorant des festivals de buts. Cette belle aventure vécue en 2024 est une récidive jouissive puisqu’en 2021, ce captivant numéro 9 avait marqué un doublé face à la Jamaïque et un quadruplé face au Porto Rico. L’excellente facture des buts marqués récemment infirme tout de même l’hypothèse d’une parfaite similitude entre les deux expériences.
Dans la précocité, Lourdjina Etienne expose un talent complet dans ce jeu transformateur du corps, de l’esprit et du statut socioéconomique puisque de nos jours tout talent précieux - dans tout domaine sportif et artistique - finit par devenir prestigieux et onéreux. Comme une lionne exhibant ses griffes de champion à Lyon, Melchie est une preuve patente du fruit succulent de la consistance dans le travail acharné. Une célébrité de plus en provenance d’un pays qui crache sur ses diamants ; très bientôt, tapis rouge sera incontestablement déroulé en l’honneur de Lourdjina dans l’arène sportive la plus compétitive.
Deux Supers Nanas aux jambes ingambes et à la vista impressionnante, Lourdjina promet de cheminer sur les traces de Corventina, sa fascinante idole qui a déjà fait école en faisant déguster des goals splendides et mémorables à la sélection nationale sénior. Les pronostics pullulent déjà à propos de la merveille dont ce tandem féminin d’une intelligence supérieure nous gratifiera au sein de la sélection nationale.
Oui Foot ! Du talent, de l’intelligence, de l’esthétique et du pragmatisme à une étape prématurée, les fans du monde footballistique se raffoleront de la présence régulière de Lourdjina sur le tapis vert européen et devant leurs petits écrans.
Les prodiges ont des traits en commun
Visage d’une grenadière dévouée exhibant une monstre rage de vaincre, mademoiselle Étienne fait sienne la carrure d’un Messi insatiable ou la posture guerrière d’un Christiano cyclopéen au « mindset forever young » instigué par la finalité ultime de savourer des buts tant que le rendez-vous au cimetière ne soit prononcé. Alors que les joueurs de football actifs accrochent leurs chaussures à la fin de la vingtaine ou au début de la trentaine, Messi et Christiano défient le temps par leurs prestations de service de qualité, pratiquement à des âges de retraite. Huit ballons d’or décernés à l’Argentin et 5 au Portugais ; l’aptitude recherchée de ces champions a joué un rôle crucial dans leur triomphe au sommet. Cependant, c’est surtout leur attitude qui a garanti leur altitude dans la durée. Puissent les athlètes des deux sexes s’en inspirer.
Cheville ouvrière par laquelle la cheville de dextérité a été hautement sollicitée pour assurer ses paires et scorer à des moments décisifs souvent en cavalière seule, Lourdjina a été une véritable bombardière pour propulser la jeune sélection à la nouvelle phase du tournoi. Son comportement de maestria rappelle dans une réminiscence de joie indicible un Messi au Qatar ou un Christiano en France pour accorder des titres internationaux à leurs nations. Épaulée par ses coéquipières, Lourdjina a mis un sourire sur le visage de chaque Haïtien à une période charnière où Haïti a tellement besoin d’espoir. La toile se raffole de ses gestes galactiques.
Un avenir prometteur se dessine
Nous l’avons vu à l’œuvre, dans une forêt de pieds adverses à la surface ; elle tombe, traîne, se relève comme une superwoman et place le cuir au fond du filet. Lourdjina brillait de mille feux dans les deux premières rencontres de ce tournoi de la Concacaf U-17. Dribbles spectaculaires, feintes de corps suivis d’un retour de plus de 90 degrés, digne de la roulette magique de Zidane ou d’Okocha, elle serait une véritable candidate pour le trophée de Puskas. Lourdjina a marqué tôt dans sa carrière un but phénoménal qui restera gravé dans les annales de l’histoire de ce jeu de pieds et d’esprit qui fait vibrer les émotions en tous lieux, dans les palais, dans les rues, dans les villes et les bidonvilles.
Coups du sombrero, tirs et passes d’une précision chirurgicale ; cette jeune fille de seize ans connaît ce jeu sur la pointe des pieds. Balle au pied, du gauche, du doigt, avec manière, Lourdjina manie le ballon avec la tête, les pieds et le cœur pour nous procurer du plaisir sain qu’elle sait couronner par une abondance de buts qualitatifs. Cette brillante étoile promet une aventure sportive enrichissante. Obsédés, nous hallucinons de voir cette pépite du sport roi prêter ses services professionnels aux meilleurs clubs de l’Europe, dans l’immédiat.
L’État doit cesser de répondre aux abonnés absents
Haïti mérite une gouvernance avisée, empreinte d’une volonté politique sincère, pour dénicher, encadrer et exposer ses meilleurs talents qui demeurent latents dans plusieurs coins et recoins du pays. Le sport détient le potentiel d'aider de nombreux jeunes à progresser dans l'échelle sociale. Les pratiques sportives favorisent l’épanouissement physique et économique pour les deux sexes, et dans plusieurs domaines ; du football, du tennis, du basketball. Il faudrait offrir aux enfants et aux jeunes de telles alternatives pour qu’ils puissent bâtir leurs succès dans l’honneur et la dignité.
Il est temps d’accorder priorité à la construction des infrastructures éducatives et sportives, notamment la disponibilité de terrains de jeu et de stades bien équipés. Tant du côté de l’État que des coopérations multilatérales, les fonds ne manquent pas. C’est plutôt l’absence d’une vision favorable à une meilleure intégration de la jeunesse qui en constitue le problème. Haïti se leurre de croire que les programmes humanitaires ou de migration sélective des sociétés industrialisées fourniraient des réponses soutenables pour éradiquer la pauvreté et les inégalités. Il vaut tellement mieux de capitaliser sur nos acquis et nos diamants internes qu’il faudrait peaufiner.
Avant-hier, Duckens et Wilde-Donald ; hier, Corventina et Nérilia ; aujourd’hui c’est Lourdjina qui est éclose malgré l’absence cuisante d’un cadre incitatif à l’effort consistant. Et si l’État mettait en place des politiques publiques de découverte des talents sportifs dans toutes les disciplines ? Ce serait au centuple qu’Haïti exposerait des génies dans les panthéons internationaux.
Un minimum de vision et d’encadrement suffirait pour garantir la confiance et l’épanouissement des jeunes afin qu’ils puissent se tailler une place enviable aux estrades internationales. Des pratiques sportives permanentes seraient une bien meilleure alternative pour nos jeunes désespérés qui se jettent aveuglément à des destinations étrangères qui les accueillent dans la xénophobie.
Le paradigme s’appuyant sur la construction d’un capital humain solide n’est pas une option, mais une obligation pour assurer la survie d’une société. « Que personne ne méprise les enfants et les jeunes » car ils constituent l’avenir de toute nation. Haïti est interpellée à mobiliser ses structures sociales dynamiques pour découvrir les centaines de Kerly, Corventina, Nérilia et Lourdjina qui expirent trop tôt, faute d’encadrement adéquat.
Carly Dollin
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