Haïti, 40 ans après: Les Duvalier sourient, les Macoutes soupirent ?
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Dans la mémoire populaire de la génération 1986, plus se rappelle de la fameuse formule de la «Cigarette allumée dans les deux bouts, laissée au peuple haïtien, et en particulier aux héritiers du pouvoir qui se sont succédés et bousculés après la fin du régime de Jean-Claude Duvalier.
Dans la culture populaire, qui ne se souvient pas de la fameuse phrase, "Kouri pou lapli, tonbe nan gran rivyè", ou "Nan Lavalas". Cette sagesse populaire devenue dans certains cas sacrée, ou parfois même suicidaire, rime dans la forme et le fond avec le sort jeté au peuple haitien, bientôt 40 ans après.
Dans cette présente publication, je vais tenter de l'articuler autour de sept points qui argumentent les trois grandes parties qui composent le thème ou le titre suivant : Haïti, 40 ans plus tard (1986-2026) pour quel bilan ; Les Duvalier sourient ; Les Macoutes soupirent. A chacun de faire son propre bilan autour de ces quarante dernières années, entre le meilleur et le pire, l'inverse ou les deux ?
Durant les quarante premières années de l'ère démocratique en Haïti, quels sont les sept faits marquants (positifs et négatifs) qui ont dominé cette tranche d'histoire dans l'évolution de la société haïtienne ?
Dans quel sens et pourquoi devrait-on croire que les Duvalier auraient intérêt à sourire face au décor actuel quarante ans plus tard ? Qui sont ces duvaliéristes ? Quels sont les faits majeurs, entre les passifs et les actifs que l'on associe à ce régime politique, qui certainement aurait été rattrapé et dépassé à plusieurs niveaux et dans le mauvais sens, ou à contre sens pratiquement ?
Dire que les Macoutes soupirent, pourquoi et comment ? Quels sont les sept principales contributions de ces derniers dans l'histoire politique et les principaux péchés capitaux de ces derniers ? Pourquoi devrait-on considérer qu'ils ont été les seules et principales victimes dans la chute du régime des Duvalier le 7 février 1986 ? Entre 1957 et 1986, de père en fils, sous la présidence à vie de François et Jean-Claude Duvalier, le pays a connu des moments sombres en dehors de certains efforts, des investissements et des réalisations initiées en parallèle. 1-La privation de certains droits civiques et politiques et de certaines liberté d'opinion ; 2-Les persécutions politiques ; La contrainte au silence et à l'exil ; 3-Les emprisonnements et les tortures ; 4-Les crimes et les massacres ; 5-Les disparitions et d'autres exécutions politiques ; 6-La mauvaise gouvernance ; 7-L'exploitation exclusive des ressources du pays à des fins politiques, familiale et partisane sont parmi les sept points négatifs retenus en survolant les pages d'histoire et les témoignages.
Dans la majorité des cas, les chefs et leur entourage au soir de leur fin de règne trouvent souvent l'occasion de s'échapper et de négocier leur exil ou leur survie. D'autres, plus pragmatiques ou plus malins, trouvent assez de temps pour anticiper leur chute et se préparer en conséquence, tout en préservant la majorité de leurs proches et fidèles alliés, jusqu'à même assurer la relève après leur départ du pouvoir.
Dans les heures qui suivaient le départ des hauts dignitaires du régime des Duvalier, la majorité des Tonton Macoutes ne pouvaient pas malheureusement bénéficier d'une place à bord de l'avion, ou des vols qui allaient conduire en exil les principales autorités et bénéficiaire du régime des Duvalier de 1957 à 1986. Ils étaient des dizaines, des centaines et des milliers de Macoutes à prendre la fuite, à se cacher, à se masquer et maquiller pendant des jours, des mois et des années pour ne pas subir les sanctions populaires les plus impitoyables et revanchardes ? Ainsi, la peur avait changé de camp en un clin d'œil ! Personne ne sait pratiquement combien de Macoutes ont été assassinés, lynchés, massacrés, tués, torturés, disparus ou même se sont suicidés en 1986 et durant les décennies qui suivent ?
Dommage pour ces Macoutes, ils étaient pratiquement seuls et sans maîtres. A l'inverse, à travers le pays, dans plusieurs grandes villes comme dans des zones reculées du pays, on pouvait compter pour autant un grand nombre des membres parfois influents de cette milice appelée les volontaires de la Sécurité nationale (VSN), des hommes et des femmes, qui continuaient à circuler librement dans leur quartier et dans les rues en toute sécurité, et reconnus comme de paisibles citoyens au sein de la population. Car, pendant leur règne, ils se comportaient de façon responsable et respectueuse envers leurs pairs, leurs voisins et la population.
Des héritiers et des parents, des bénéficiaires et des dignitaires du régime des Duvalier finissent par sourire en observant que leurs remplaçants n'ont pas pu faire mieux, quarante ans après leur défaite. Les faits sont bel et bien là et laids. Hideux et indignes à la face des Pères fondateurs de la patrie !
Des Macoutes à leur tour, les principales victimes du régime après la chute du 7 février 1986, sans avoir ete pour autant les principaux bénéficiaires, devront profiter de la date du 7 février 2026, pour se recueillir autour de la mémoire des centaines et des milliers tombés sous les mains de la population, qui voulait se venger des annees de la dictature des Duvalier.
D'ici le 7 juin 2025, le sablier qui contrôle le temps sera à huit mois de la date historique et symbolique du 7 février 2025. Quarante ans plus tard, quarante ans après, il est venu le temps de faire le bilan historique et politique des quatre premières décennies de l'ère de la démocratie. A travers l'ensemble des disciplines des sciences sociales, notamment sur le plan politique et historique, économique et culturel, éducatif et psychologique, et dans tous les autres secteurs et institutions sociales, il y a lieu de présenter avec les statistiques à l'appui, la marche du temps, la marche générationnelle, entre construction et déconstruction, entre déconstruction et construction. Et si on lançait ici et maintenant les chantiers de cette nouvelle ère politique qu'il faudra réinventer dans l'espace haïtien.
Dans ce nouveau chapitre dans la dynamique démocratique qu'il faudra écrire, de façon cohérente et rationnelle, il faudra tenir compte de l'ensemble des expériences accumulées dans les deux sens, en particulier (entre les erreurs et les dérives) qui ont façonné les quarante dernières années. Nous sommes unanimes à reconnaître dans le sombre bilan de cette page d'histoire, que les élites autant que les masses se sont contentées dans une forme de complicité autodestructrice, à bien compter (les acquis) de la démocratie et à mal calculer (les actions) de façon cohérente pour aboutir au développement national inclusif et durable.
Dominique Domerçant
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