Bak Lakay - La commune de Cavaillon, entre assises et vulnérabilités en matière de santé
Située dans l’arrondissement d’Aquin du département du Sud d’Haïti, la commune de Cavaillon a été sous les feux des projecteurs de l’émission Bak Lakay, animée par le Dr Garnel Michel le samedi 12 mars 2022. Si l’idée générale consiste en une appréciation des richesses, valeurs et opportunités d’investissement, il est tout aussi plausible de tenter, voire d’entreprendre une exploration de la géographie sanitaire de cette commune qui abrite l’un des hôpitaux les plus importants de la péninsule Sud, l’Hôpital Lumière de Bonne-Fin.
Le Dr Phara Annestéus a décroché son diplôme de docteur en médecine en République dominicaine, revenue au pays en 2019, elle a rapidement compris la nécessité d’apporter une réponse à une situation qui si elle n’est pas exclusive à la localité de Bercy, est le problème permanent des sections communales en dehors de la capitale haïtienne. L’absence, sinon l’insuffisance des structures de santé dans les sections communales en Haïti, est un débat réel et nécessaire aux débuts de cette deuxième décennie du 21e siècle.
Alors que les informations que nous avons pu recueillir font état d’un dispensaire, de deux centres de santé sans lit et d’un centre de santé à lit public et d’un Hôpital de référence (Hôpital Bonne Fin) dans la commune de Cavaillon, 9 ans plus tôt on y comptait 7 médecins, 76 infirmières et auxiliaires, 3 matrones certifiées et 6 techniciens de laboratoire. La commune de Cavaillon abrite alors des structures de santé de premier et de deuxième niveau.
Pour une population estimée à cinquante et mille habitants (51000) en 2003, la disponibilité et la distribution des structures de santé est un pôle stratégique en matière de santé publique. Des cinq sections communales de la commune de Cavaillon, trois ne disposeraient pas de structures de santé. Alors que seul l’hôpital Lumière de Bonne-fin possède des spécialistes, relativement à sa localité de résidence, un patient qui nécessite des soins de santé spécialisés et/ou d’urgence est censé parcourir au moins dix (10) kilomètres.
Si la situation n’est pas idéale, dans la pyramide des structures sanitaires au regard du MSPP, un centre de santé est censé desservir dix-mille habitants.
Le problème n’est pas limité à la commune de Cavaillon. Un rapport publié en 2019 a dénombré seulement dix-neuf mille neuf cent quinze (19 915) professionnels de santé pour mille trente-trois (1033) structures de santé en Haïti, soient 6,3 professionnels de santé pour dix-mille (10000) habitants en 2018, loin des 25 pour cent dix-mille (10000) préconisés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Entre autres, le débat pourrait s’amener sur des terrains plus spécialisés où se croiseraient les questions relatives au financement de la santé, la formation médicale et sa qualité, la fuite des cerveaux et l’attraction à l’investissement privé en santé dans les zones reculées. Il a été relaté en 2019 que 54% des institutions de santé en Haïti sont financées partiellement ou totalement par l’état.
En projection d’une commune voisine de la troisième ville du pays, qui ne possède pas plus de cinq institutions de santé, une voie de discussions à la reconsidération de la géographie sanitaire du pays peut être frayée.
Cependant, il est coutumier de considérer les résidents de la commune de Cavaillon comme privilégiés quand, à quelques kilomètres, se trouve le principal Hôpital du département qui est une institution de santé de troisième niveau et l’hôpital de Bonne-fin qui accueille généralement des malades venus d’autres communes voire d’autres départements.
B. Charlemagne CHARLORIN
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