Il faut parfois une chanson pour dire ce que les discours politiques, les statistiques migratoires et les témoignages individuels n’arrivent pas à exprimer. Avec « Aventurier », JB King s’attaque à l’un des imaginaires les plus puissants de notre époque : celui de l’étranger comme terre promise, de l’Europe comme espace de réussite et du départ comme passage obligé vers une vie meilleure.
La chanson commence par un souvenir d’enfance : « Quand j'étais petit, j'disais moi aussi j'vais partir, chercher l'or de l'Europe. » Tout est déjà là. « L’or de l’Europe » n’est pas seulement une expression. Il représente le rêve collectif nourri par les récits des migrants revenus au pays avec des vêtements neufs, des valises pleines et des signes visibles de réussite.Le jeune resté au pays ne voit que le retour. Il ne voit pas le parcours.C’est précisément ce que JB King entreprend de raconter.
Derrière les valises pleines au retour, se cache une autre réalité. Pendant longtemps, la migration a été racontée à travers ses réussites. Celui qui part devient le modèle de celui qui reste. Il revient avec une voiture, construit une maison, envoie de l’argent à sa famille et devient la preuve vivante que « là-bas » tout est possible. JB King déconstruit cette image.« Je croyais que l'aventure c'était la gloire. Aujourd'hui Dieu m'a permis d'y aller. J'ai vu. »Cette phrase marque le basculement entre le rêve et l’expérience.
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