« Je goûte le calme de ma rue ! »
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Cela fait huit semaines que les premiers cas de coronavirus sont apparus en Europe. L’Italie, le premier pays touché, a immédiatement pris des mesures de confinement. Les autres États ont suivi l’exemple en cascade, avec plus ou moins de rigueur au fur et à mesure que la pandémie se déclarait sur leur territoire. Comment nos compatriotes vivent-ils le confinement décidé par les autorités européennes ? Voici le témoignage d’une journaliste haïtienne confinée à Creil, contrainte au télétravail.
« J'ai été la première personne de mon service à observer le confinement et le travail à domicile. Au début j'ai pris cela comme une punition, mais très vite, j'ai perçu les avantages que le télétravail procurait. La première, c'est le temps passé dans les transports en commun qui représentait un véritable gain que j'ai mis à profit pour prolonger mon sommeil. J'ai l'impression que j'avais des milliers d'heures de sommeil à rattraper.
Le deuxième avantage, c'est le calme favorable à la concentration et à une meilleure condition de travail. J'ai la chance d'habiter une maison et d'être un peu à la campagne.
Le fait de travailler à la maison m'oblige à avoir une certaine rigueur et une régularité dans les horaires. Tout fonctionne, le stress en moins.
Je profite beaucoup pour ralentir mon rythme. Ne plus courir. Prendre le temps de faire quelques exercices physiques. Je reprends des lectures que j'avais laissées de côté. J'écoute les informations à la radio puis à la télé à l'heure des repas.
- Réveil à 7h30. J'allume la radio et j'écoute les informations sur France-Inter/France Culture (qui pendant le confinement ont fusionné leur programmation) jusqu'après l'interview de l'Invité de la Matinale. Je regarde beaucoup sur Youtube l'émission Le Point et Metronews sur Radio-télé Métropole pour avoir des nouvelles d'Haïti. J'ai suivi les différentes émissions et les craintes des invités quant à la possible parution du virus dans le pays dépourvu d'un système de santé à la hauteur.
Je profite aussi pour ranger, téléphoner à des amis que je n'ai pas vus de longue date et la famille par le biais des réseaux sociaux. Je réfléchis, en attendant de le coucher sur le papier, à tous les projets que j'ai envie de mettre en place.
Je goûte le calme de ma rue. J'entends même le chant des merles depuis ma fenêtre. Je retrouve le goût de prendre le temps de cuisiner un bon petit plat et un dessert. »
Chantal Guerrier
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