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Le CNOHA exige le respect scrupuleux des droits des ouvriers

Le CNOHA exige le respect scrupuleux des droits des ouvriers

La Coordination nationale des ouvriers haïtiens (CNOHA) appelle au respect des droits des ouvriers suite à la décision gouvernementale d’interdire temporairement le fonctionnement des usines en vue de diminuer le risque de la propagation à grande vitesse du Covid-19. Le coordonnateur national du CNOHA, Dominique Saint-Eloi, exige le paiement intégral de tous les employés indépendamment des jours de travail fournis et la fixation du salaire minimum à 1500 gourdes. Il recommande aussi la création d’une commission transparente en vue d’assurer la gestion de cette période d’urgence.

Depuis l’adoption des mesures restrictives prises par le Gouvernement pour réduire le risque de propagation du Covid-19 ayant touché Haïti la semaine dernière, les opinions, relatives à leur justesse, sont partagées. Dans l’opinion publique, les commentateurs se montrent plus ou moins conciliants avec les autorités. Et c’est le cas aussi pour le syndicaliste Dominique Saint-Éloi qui salue cette décision estimée favorable au bien-être de la population. Cependant, il lance un appel aux autorités établies pour qu’elles prennent les mesures qui s’imposent afin de permettre que les ouvriers soient intégralement payés par les patrons.

En référence à l’article 112 du Code du travail haïtien, le syndicaliste évoque le droit qu’a chaque ouvrier de percevoir son salaire sans aucun prélèvement pour les jours fériés. Le Gouvernement, selon lui, doit faire preuve de vigilance à cet effet afin que les pauvres travailleurs ne soient pas victimes d’une décision prise de façon unilatérale par l’Exécutif. Il invite les patrons à appliquer les mesures hygiéniques recommandées en dotant les employés qui côtoient dans la promiscuité les quartiers populaires de kits nécessaires pour se protéger de ce fléau. « La maladie ne fait pas de discrimination », a balancé M. Saint-Éloi qui continue d’exiger l’adoption de 1500 gourdes comme salaire minimum.

« Nous ne réclamons pas une faveur de l’État, mais ce qui nous revient de droit. Il a agi unilatéralement dans la prise des décisions sans rencontrer les concernés. Ni le patronat ni les syndicats n’ont été contactés à cet effet. Alors que nous pourrions montrer aux patrons le bien-fondé de la décision et, le code en main, défendre notre intérêt. Pour l’heure, la population est méfiante vis-à-vis des autorités. Par conséquent, une gestion transparente de la crise s’impose et, ce, à travers une commission intersectorielle. La communauté doit savoir qu’elle a un recours », conseille le militant qui déplore le fait que les mesures gouvernementales n’exemptent pas les usines qui œuvrent dans la fabrication des produits sanitaires et nutritionnels.

Parallèlement, le syndicaliste s’en prend à l’État haïtien qui n’a pas fait preuve d’autorité responsable. Aux dires du syndicaliste, l’État aurait pu barrer la route à ce virus pendant qu’il était encore temps. « Les dirigeants avaient d’autres préoccupations. La réalisation du carnaval était leur principal objectif » critique le militant qui appelle à une prévention généralisée. « L’État doit des réponses à la population pour avoir tout interdire sauf les vols de provenance des États-Unis. C’est un État criminel. Maintenant, il faut qu’il nous dise si nous sommes sous protectorat américain ou non. Dans l’affirmation, qu’il commence à nous traiter du secteur syndical de la même manière que les Américains le font chez eux », a-t-il ajouté.

Daniel Sévère

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